Ronan Dantec: «Dans les négociations sur le climat, il ne faut pas oublier le développement»

Le 16 décembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pour Ronan Dantec, il faut réconcilier négociations sur le climat et sur le développement.
Pour Ronan Dantec, il faut réconcilier négociations sur le climat et sur le développement.
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Porte-parole Climat de l'organisation mondiale des villes «Cités et gouvernements locaux unis», le sénateur Europe Ecologie-les Verts de Loire-Atlantique milite pour un rapprochement des négociations sur le changement climatique et sur les objectifs de développement durable.

Surpris du résultat de la conférence de Lima?

Pas vraiment. On était un peu grisé, au début de la quinzaine, par l’accord conclu entre la Chine et les Etats-Unis. Laurent Fabius nous avait d’ailleurs alerté que ce n’était pas là forcément l’essentiel. Durant cette première semaine, on a assisté au traditionnel jeu des postures.

 

Des messages audibles ont-ils tout de même été envoyés aux négociateurs?

Oui, mais envoyés surtout au gouvernement français qui va organiser la prochaine conférence des parties, à Paris, en décembre 2015. L’Afrique dit clairement: n’oubliez pas le développement. Les pays africains se sont engagés à Durban pour la conclusion d’un accord universel, certes, mais contre un engagement des pays riches à soutenir leur développement. Or, pour ce faire, qu’avons-nous de concret: 10 milliards de dollars (8 Md€) dans le fonds vert climatique, pour 4 ans.

 

Ces mêmes Etats riches se sont aussi engagés à verser 100 milliards de dollars par an, à partir de 2020.

Vrai, mais pour le moment, personne ne sait comment ils le feront et c’est cela qui inquiètent les pays en développement. De son côté, les pays du G77 souhaitent que les principes de «responsabilités communes et différenciées» soient repris dans l’accord universel de Paris.

 

Ce principe est dans la convention et dans l’accord de Lima…

Effectivement. Mais ce qui est compliqué, c’est qu’entre 1992, année de la signature de la convention de l’ONU sur le changement climatique, et aujourd’hui, quelques pays et pas les moindres sont passés de pays en développement à pays émergents gros émetteurs de gaz à effet de serre. Durant ce laps de temps, la Chine a quadruplé ses rejets de carbone et elle est devenue le premier émetteur mondial. Malgré cela, elle ne veut pas être considérée comme les pays les plus industrialisés occidentaux qui émettent beaucoup de CO2 depuis deux siècles. Un des grands problèmes, c’est que nous menons parallèlement deux négociations qui devraient être convergentes: l’une sur les émissions de GES de nos économies, l’autre sur les objectifs de développement durable. Nous devons faire converger ces deux discussions mais aussi ne pas nous cantonner à un débat entre les Européens, les Américains et la Chine. Si nous oublions le développement dans l’accord de Paris, les Africains ne le signeront pas.

 

Sont-ce les seules raisons des blocages survenus à Lima?

Non, bien sûr. Il y a des pays, je pense en particulier aux gros producteurs de pétrole, qui ne veulent pas d’un accord et qui profitent de la moindre ambigüité, du moindre désaccord, pour bloquer les négociations.

 

La plupart des commentateurs se sont focalisés sur l’accord de Lima à proprement parler, et non sur ses annexes qui constituent le squelette de l’accord de Paris. Or il y a dans ce texte des propositions qui, si elles étaient reprises, feraient un excellent accord…

Les 37 pages d’annexes sont intéressantes, mais elles ne sont pas adoptées. Elles constituent une base de travail pour l’année qui vient. Il y a effectivement beaucoup de choses intéressantes à reprendre, mais pour le moment, nul ne sait si elles seront retenues par les négociateurs. Tout reste possible.

 

L’une d’entre elles consiste précisément à reconnaître les efforts réalisés par les autorités sub-nationales: collectivités, entreprises, etc.

Ce qui tombe très bien. Car depuis septembre 2013, les collectivités territoriales ont leur feuille de route climatique. Et il y a désormais une vraie demande de l’ONU et des Etats pour que les efforts des acteurs non étatiques soient pris en compte. Tout cela est très bien. A condition que les Etats ne nous coupent pas les ailes, financièrement. Nous redirons tout cela lors d’un congrès mondial que nous organisons à Lyon les 1er et 2 juillet prochains.

 



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