Roland-Garros: l’enquête publique valide le déplacement des serres

Le 17 novembre 2014 par Stéphanie Senet
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Un projet alternatif vise au contraire à conserver les serres classées en l'état
Un projet alternatif vise au contraire à conserver les serres classées en l'état

Le commissaire enquêteur Marie-Claire Eustache a finalement donné un avis favorable au projet d’extension du stade parisien de Roland-Garros, qui prévoit de déplacer une partie des serres classées d’Auteuil. Ses conclusions, publiées par la mairie de Paris, balayent la solution alternative présentée par les associations en raison de sa «complexité».

Le projet d’extension du stade de tennis inclut trois demandes de permis de construire, visant le périmètre actuel, les serres du jardin d’Auteuil, et un nouveau bâtiment provisoire pour accueillir le personnel pendant le déroulement des travaux.

 

La solution alternative écartée

 

C’est précisément la construction d’un nouveau court semi-enterré d’environ 5.000 places sur les serres d’Auteuil qui est dénoncé par plusieurs associations environnementales puisqu’une partie des collections botaniques devront être déplacées. Un projet alternatif a d’ailleurs été présenté dès mai 2012 par la Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France (SPPEF) pour sauver le domaine horticole. Pour un coût environ 7 fois moindre que le projet porté par la Fédération française de tennis (FFT) et la mairie de Paris (52 millions d’euros au lieu de 340 M€), il privilégie la couverture d’une partie de l’accès à l’autoroute A13. Cette solution a pourtant été écartée par le commissaire-enquêteur en raison «de sa complexité du point de vue technique», «de contraintes fonctionnelles réelles», et d’«une nouvelle procédure longue et complexe». Elle impliquerait en effet de modifier le plan local d’urbanisme (PLU), ce qui n’est pas insurmontable, et accroîtrait la facture de la FFT de quelques centaines de milliers d’euros selon l’expertise citée par les conclusions du commissaire-enquêteur. Ce qui ne reste moins cher que le projet contesté.  

 

«Une parodie de consultation publique»

 

Trois associations ont aussitôt réagi à cette publication. Ile-de-France Environnement, Sites & monuments (SPPEF) et VMF Patrimoines en mouvement dénoncent l’expertise du projet alternatif qu’elles ont proposé, notant qu’elle a été confiée aux services de l’Etat et de la ville, partie prenante dans l’affaire. «Seules des études indépendantes et contradictoires permettraient un débat objectif», ajoutent-elles. «Il s’agit d’une parodie de consultation publique, destinée à faciliter à tout prix la réalisation d’un projet absurde économiquement, néfaste écologiquement et désastreux pour un jardin botanique doublement protégé», concluent-elles.

Alors que le projet d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) et d’un barrage à Sivens (Tarn) ont, eux aussi en leur temps, obtenu le feu vert de l’enquête publique, la légitimité de cette procédure a pris un sérieux coup.



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