Robin des bois passe à la loupe les déchets de Guadeloupe

Le 04 mai 2011 par Célia Fontaine
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Robin des bois a publié le 3 mai un rapport sur la gestion des déchets en Guadeloupe, qui souligne les difficultés de l’archipel à gérer les déchets produits par les résidents, les touristes, les activités agricoles, artisanales, industrielles et commerciales.
 
En vertu de l’engagement n°175 du Grenelle de l’environnement et de la loi de programmation du 3 août 2009, il faudra parvenir à l’horizon 2020 à une gestion exemplaire des déchets Outre-mer. La route est encore longue, si l’on en croit l’association et les 85
pages de rapport issues de la mission de ses membres sur le terrain.
 
Les déchets guadeloupéens proviennent de biens très majoritairement importés. En ce qui concerne les ordures ménagères, la production serait légèrement inférieure à la moyenne nationale (357 kilogrammes par habitant et par an contre 391 kg au niveau national). Le plan départemental d’élimination des déchets ménagers et assimilés fait état d’un gisement d’ordures ménagères compris entre 158.850 et 181.200 tonnes par an et d’un gisement de déchets industriels banals (DIB) compris entre 236.700 et 306.000 t/an. Mais moins de 10% de ces DIB sont triés par les entreprises commerciales alors que le gisement est considéré comme supérieur à celui des ordures ménagères. Pour les déchets verts, estimés à 60.000 t/an, le taux n’est pas plus performant.
 
Selon les inventaires, non exhaustifs, du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), les 15 décharges anciennes sur l’archipel totaliseraient 7,5 millions de mètres cubes de déchets. Mais outre ces sites de stockage inappropriés, le nombre de décharges sauvages a largement proliféré sur l’ensemble du territoire.
Afin de libérer de l’espace, «le brûlage à ciel ouvert a longtemps été considéré comme le moyen le plus sûr de traiter les déchets. Le réflexe et la tradition perdurent», note Robin des bois. Mais est-il utile de rappeler que les feux de décharges sont de gros émetteurs de dioxines et d’autres micropolluants toxiques, capables de nuire à la fois à la qualité des denrées alimentaires et de l’eau, ainsi qu’à l’état sanitaire des populations?
 
Sous la menace de sanctions européennes, une vague de régularisation des décharges a été a déclenchée entre 2005 et 2010. Mais la collecte sélective (déchetterie exemplaire de Saint-François par exemple), tardivement mise en place, reste freinée par «une implantation encore insuffisante de bornes d’apport volontaire et une collecte en porte-à-porte encore exceptionnelle», ont constaté les envoyés spéciaux. Cependant, les communes ou communautés de communes s’engageant dans le tri sélectif peuvent bénéficier
d’aides financières (Fond européen de développement régional, Etat, Ademe, Région et Eco-emballages), cela devrait permettre de meilleurs taux de collecte.
 
Malgré quelques démarches encourageantes, Robin des Bois recommande qu’une étude épidémiologique des populations les plus exposées aux effets négatifs des décharges sauvages et des brûlages soit menée en urgence. Les éco-organismes ou systèmes équivalents chargés de la collecte et de la valorisation des déchets de consommation (comme le verre, les papiers/cartons, les pneus, les batteries et autres déchets de garage) devraient s’impliquer davantage et mieux se faire connaître de la population. Celle-ci estime en effet qu’il n’y a pas assez de transparence et que «les déchets sont tous enfouis au final».
 
D’autre part, «le tissu industriel dans l’archipel ne permet pas une valorisation locale des matières triées», note l’association. C’est pourquoi tous les efforts doivent être portés sur la qualité du tri, des lots et la préparation à la valorisation avant expédition en métropole ou dans d’autres pays. Les déchets verts sont les seuls à pouvoir être traités sur place et cette filière autonome doit être privilégiée, rappelle-t-elle.
 

Il serait également urgent de créer une filière d’équarrissage. Les déchets d’abattoir sont pour l’instant enfouis en décharge ou au fond des jardins, sans traitement adéquat.

 





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