Riz: le Codex fixe une limite à l’arsenic

Le 16 juillet 2014 par Romain Loury
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Le riz concentre les métaux lourds
Le riz concentre les métaux lourds
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Le riz blanc ne devrait pas contenir plus de 0,2 microgramme par kilo (0,2 µg/kg) d’arsenic, a tranché la commission du Codex alimentarius lundi 14 juillet, lors de sa 37e session. Au niveau mondial, c'est la première fois qu’une telle limite est fixée.

Entre autres méfaits (cardiovasculaires, neurotoxicité, retards de développement chez l’enfant, etc.), l’arsenic, en particulier celui de forme inorganique, est associé à un risque accru de cancer, probablement à très long terme. Or ce métal lourd abonde dans le riz, ce qui a conduit certains pays, dont le Danemark en mai 2013, à appeler à en limiter la consommation chez les enfants (voir le JDSA).

Pourtant, ni les Etats-Unis ni l’Europe n'ont à ce jour adopté de limites réglementaires, tandis que la Chine a fixé un seuil de 0,15 gramme d’arsenic inorganique par kilo de riz. Celle-ci a décidé de porter le sujet auprès de la commission du Codex alimentarius, placé sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Lors de sa 37e session, qui se tient du 14 au 18 juillet à Genève, la commission du Codex alimentarius a validé les conclusions de son comité sur les contaminants alimentaires, lors de sa dernière réunion début avril. Pour le riz blanc, à savoir le riz que l’on a décortiqué et rendu lisse, la limite pour l’arsenic inorganique est désormais fixée à 0,2 g/kg de riz [1].

Selon le Codex, 2% du riz mondial se situerait au-dessus de ce seuil, ce qui le rend désormais impropre à la consommation. Selon des analyses publiées en septembre 2013 par la Food and Drug Administration (FDA), le riz blanc se situe à des moyennes comprises entre 3,5 et 4,6 µg pour une portion de riz de 45 g. Avec la limite fixée par le Codex, il ne serait plus autorisé à dépasser 9 µg par portion de riz.

Pas de consensus sur le riz brun

A la différence du riz blanc, qui constitue 79% des ventes mondiales de riz, le comité sur les contaminants alimentaires du Codex n’est pas parvenu à se mettre d’accord sur le riz brun, décortiqué mais non poli. Parmi les propositions en débat, celles de 0,25 mg/kg, de 0,3 mg/kg et de 0,4 mg/kg. Avec ce dernier seuil, le taux de non-conformité serait de 0,8%, tandis qu’avec un seuil à 0,3 mg/kg, il monterait à 5,2%. En l’absence de consensus, le sujet a été reporté à l’an prochain.

En France, le riz n’apparaît pas comme une importante source d’exposition à l’arsenic inorganique, selon l’étude EAT2 publiée en juin 2011. Chez l’adulte, 24% à 27% de l’exposition proviendrait de l’eau, 14% à 16% du café; chez l’enfant, l’eau arrive aussi en première position (19%-24%), devant le lait (11%-17%) et les boissons rafraîchissantes sans alcool (10%-12%).

Si l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) n’exclut pas un risque pour une partie de la population, l’exposition à l’arsenic aurait baissé depuis l’étude EAT1 menée au début des années 2000: -25% pour les adultes et -15% chez les enfants pour l’arsenic total (formes organiques et inorganiques).

[1] Comme tous les seuils fixés par le Codex alimentarius, celui-ci ne constitue qu’une recommandation que les Etats sont libres ou non d’adopter.



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