Rivières: la moitié de la planète polluée par les pesticides

Le 26 février 2015 par Romain Loury
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La pollution par les pesticides dans les rivières
La pollution par les pesticides dans les rivières
Environmental Pollution/Elsevier

Plus de 40% de la surface terrestre est affectée par la présence de pesticides dans l’eau douce, et 18% présentent un risque élevé pour les écosystèmes aquatiques, selon une première cartographie mondiale publiée dans la revue Environmental Pollution. Un chiffre voué à s’accroître, au détriment de la faune aquatique.

Chaque année, 4 millions de tonnes de pesticides sont épandues dans le monde, soit une moyenne de 0,27 kg par hectare agricole ou non, dont une grande partie se retrouve dans les cours d’eau. Pour la première fois, une équipe internationale, conduite par Matthias Liess du centre Helmholtz de recherche environnementale de Leipzig (Allemagne), est parvenue à évaluer ce risque au niveau mondial.

Les chercheurs ont tout d’abord dressé une carte de la «vulnérabilité» des cours d’eau, selon le relief du terrain et le volume de précipitations pendant la croissance des cultures. Ils l’ont ensuite croisé avec les données nationales d’utilisation des pesticides et la surface agricole par pays. Résultat: une carte, certes imprécise, du niveau de risque pesticides dans les cours d’eau.

Un gradient nord-sud

Premier constat, 40% de la surface terrestre mondiale est à risque, et 18% à risque élevé ou très élevé. Dans l’hémisphère nord, le risque s’élève du nord vers le sud, en raison d’un climat qui favorise l’application de pesticides. Pour l’instant, la situation semble un peu plus homogène dans l’hémisphère sud, peut-être en raison d’un usage plus limité lié au prix.

Selon les chercheurs, les régions les plus touchées par le risque pesticides sont le bassin méditerranéen (Espagne, Italie, Turquie, Maghreb), les Etats-Unis, l’Amérique centrale et l’Asie du sud-est. Quant à la France, son risque est certes élevé, mais jamais très élevé, juge l’équipe. Un constat un peu étonnant alors qu’elle est pourtant le premier consommateur européen de pesticides.

Pour Matthias Liess, «d’autres travaux ont montré que les pesticides pouvaient réduire jusqu’à 42% la biodiversité des invertébrés dans les écosystèmes aquatiques. Avec le réchauffement climatique, nous pouvons nous attendre à une hausse de leur utilisation», du fait d’une plus grande prolifération de pathogènes.



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