Rivières et cours d’eau sont de gros émetteurs de GES

Le 27 décembre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les bactéries des rivières transforment les nitrates en N20.
Les bactéries des rivières transforment les nitrates en N20.

Selon une étude américaine, les milieux aquatiques pourraient émettre trois fois plus d’oxyde nitreux que prévu.

 

C’est une source d’émission de gaz à effet de serre peu connue. Mais pas négligeable pour autant. Rivières et cours d’eau sont de gros émetteurs d’oxyde nitreux, un GES 310 fois plus puissant que le dioxyde de carbone.

 

En soit, l’information n’est pas nouvelle. Elle est même connue depuis la description du cycle de l’azote. Dans certains milieux pauvres en oxygène, des bactéries satisfont leur besoin en dioxygène en « désoxygénant » les ions nitrates, apportés notamment par les engrais de synthèse. Concrètement, les bactéries « dénitrifiantes » réduisent les ions nitrates en nitrites, puis en monoxyde d’azote (NO), en oxyde nitreux (N 2O) et en diazote (N 2).   

 

Selon le 4e rapport d’évaluation du Giec [1], paru en 2007, rivières et cours d’eau convertiraient, chaque année, quelque 0,68 teragramme d’azote d’origine anthropique en N 2O.   

 

Une estimation qu’il serait peut-être temps de revoir sensiblement à la hausse. Dans un article à paraître dans les Annales de l’Académie des sciences américaine (Pnas), des chercheurs américains avancent que l‘évaluation du Giec est sous-estimée d’un facteur trois.

 

Une équipe dirigée par Jack Beaulieu, de l’université de Notre Dame et de l’agence fédérale de protection de l’environnement (EPA), a réalisé des mesures in situ des émissions d’oxyde nitreux et de diazote de 72 cours d’eau dans tous les Etats-Unis. Résultat des courses : les émissions réelles du GES sont plus importantes que prévu. « Cette expérimentation permet d’établir clairement que les cours d’eau et les rivières sont d’importantes sources d’émission d’oxyde nitreux », commente Henry Gholz, de la National Science Foundation, l’un des organismes financeurs des travaux de Jack Beaulieu.

 

La découverte n’est pas sans importance. Car les rejets de ce gaz hilarant engendrent environ 6 % de l’effet de serre anthropique. Et sa concentration ne cesse de progresser. Toujours selon le rapport du Giec, la concentration atmosphérique de N 2O est passée de 270 parties par milliard (ppb) à l’époque pré-industrielle, à 319 ppb en 2005. En moyenne, cette concentration s’accroît de 0,2 à 0,3 % par an.



[1] Giec : groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat



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