Risques émergents: passer de la précaution à la prévention

Le 15 novembre 2016 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
L'Anses fête les 10 ans du PNREST.
L'Anses fête les 10 ans du PNREST.
DR

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) faisait le point sur 10 années de recherche scientifique en environnement, santé, travail. Avec le souci d’être raccord avec les demandes sociétales et d’éclairer les gestionnaires de risques le plus précisément possible.

La qualité de l’air. Le lien entre les environnements de vie et de travail. Les nanoparticules. Voici les trois thèmes mis en avant par l’Anses, à l’occasion des 10 ans du programme national de recherche Environnement, Santé, Travail (PNREST), événement organisé le 14 novembre à Paris. Il aurait pu tout aussi bien être question des perturbateurs endocriniens, de l’antibiorésistance ou encore des champs électromagnétiques. Car en une décennie, l’agence a voyagé parmi les thèmes qui agitent la société, se heurtant parfois aux limites de la curiosité des chercheurs. «Pour beaucoup de chercheurs, les effets potentiels des radiofréquences n’étaient pas, jusqu’à récemment, un domaine de recherche, rappelle Roger Genet, le directeur général de l’Anses. Le jeu n’en valait pas la chandelle.» Quelques années plus tard, des équipes de recherche ont été structurées et financées sur ce thème, avec un rapport d’expertise sur l’exposition aux radiofréquences des enfants, publié en juillet dernier. Un travail sur les nouvelles technologies et leurs effets sur la santé cognitive est en cours.

Le PNREST en chiffres. 356 projets. 47 millions d’euros dépensés. 1.000 équipes de recherche mobilisées. Plus de 700 publications et quelque 11.000 citations.

Green jobs

Aujourd’hui, ce sont les sols et l’industrie du recyclage qui n’attirent guère. «Il y a eu très peu de propositions d’équipes, constate Gérard Lasfargues, directeur général adjoint de l’Anses, qui rappelle qu’il faut «plusieurs années pour attirer un nombre de chercheurs suffisants sur une thématique nouvelle, pour que des équipes se structurent  et que cela puisse s’entretenir de façon pérenne». Pourtant, les ‘green jobs’ et les expositions professionnelles liées aux métiers du compostage et à la méthanisation des déchets, sont des sources d’exposition et de risques qu’il faut mieux connaître et évaluer, «comme on a pu le faire pour les travailleurs exposés aux algues vertes, pour lesquels on a notamment constaté des problèmes cardiaques», rappelle Gérard Lasfargues.

De la précaution à la prévention

L’Anses s’est-elle distinguée comme une lanceuse d’alerte? Oui, estime Paul Frimat, le président du conseil scientifique de l’agence depuis 2010. Et notamment sur le bisphénol A, qui donna lieu en 2013 à un rapport d’importance dans le débat encore vivace sur les perturbateurs endocriniens. Et quand décide-t-on d’arrêter de chercher, pour passer le ‘bébé’ aux politiques en charge de trancher? «La recherche ne s’arrête pas!, répond Gérard Lasfargues. L’idée, c’est de monter le plus possible en connaissance sur des sujets comme les risques émergents où des lacunes sont présentes, de façon à ce que les décisions reposent sur un socle de connaissances scientifiques plus solides qu’aujourd’hui. Cela peut permettre de passer de la précaution à la prévention, en ayant beaucoup plus de certitudes sur un certain nombre de risques.»



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus