Risques d’inondations: les recommandations du CGEDD

Le 13 mars 2017 par Stéphanie Senet
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Le niveau de la Seine a atteint 6,10 mètres le 3 juin 2016
Le niveau de la Seine a atteint 6,10 mètres le 3 juin 2016

Dans un rapport publié le 9 mars, le Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) tire quelques leçons des crues importantes des affluents de la Seine et de la Loire, qui ont touché 8  départements entre mai et juin 2016.

 

Avec une facture oscillant entre 800 millions et 1,2 milliard d’euros, les crues de 2016 ont représenté le deuxième évènement le plus coûteux de l’Hexagone après la tempête Xynthia de février 2010[1]. De quoi justifier une mission pour le CGEDD, commandée le 27 juin dernier par le ministère de l’environnement.  Il en résulte une série d’actions à mettre en œuvre.

 

Une connaissance affinée

En premier lieu, le Conseil préconise de créer un programme de recherche analysant les données hydrologiques issues de la crue en collaboration avec l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (Irstea), l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Iffstar),  et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).

A la direction générale de la prévention de risques (DGPR), il reviendrait le soin de développer la culture des aléas et des incertitudes hydrologiques, jugée insuffisante. Pour cela, le dispositif de vigilance «crue» devrait évoluer vers une vigilance «inondation» et devenir prioritaire dans la stratégie du SCHAPI (Service central d’hydrométéorologie et d’appui à la prévision des inondations).

Côté prévisions, Météo France est invité à préciser ses données sur les lames d’eau, non pas en les élargissant dans le temps (de 3 à 10 jours par exemple) mais en les améliorant à court terme: 3h, 6h, 12h, etc.

Il est conseillé de sécuriser le fonctionnement des réseaux hydrométriques et d’améliorer la prévision des crues en développant le recours aux modèles pluies-débits.

Au niveau des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), peu d’accidents majeurs ont été relevés hormis celui de l’incinérateur d’Orléans-Saran, qui a dû fermer ses portes alors qu’il y avait 1,60 mètre d’eau à l’intérieur de l’usine. De nombreuses pollutions se sont par ailleurs produites, à cause de déversements de cuves d’hydrocarbures dans les sols.

 

Priorité aux plans communaux de sauvegarde

Les auteurs du rapport, qui ont relevé une capacité de réaction très variable selon les collectivités, préconisent de développer les plans communaux de sauvegarde (PCS). Pour rappel, ces stratégies de gestion de crise sont obligatoires lorsqu’il existe un plan de prévention des risques d’inondation (PPRI). Certains départements accusent pourtant un retard important. Dans l’Essonne, les Yvelines, et la Seine-Saint-Denis, le taux d’élaboration des PCS oscille entre 25 et 40%, contre environ 100% à Paris, en Eure-et-Loir, dans l’Indre et l’Yonne.

Le CGEDD conseille également d’assouplir le fonctionnement des centres opérationnels départementaux (COD). Enfin, les préfets devraient organiser des exercices au moins tous les 5 ans et y associer étroitement les communes exposées.

 



[1] Depuis la création du régime d’indemnisation des catastrophes naturelles

 

 



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