Risque incendie: le climat contrebalancé par l’homme

Le 02 mai 2016 par Romain Loury
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Plus d'incendies en Amérique du Nord
Plus d'incendies en Amérique du Nord
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Les incendies de forêt deviendront-ils plus fréquents en raison du changement climatique? Pas forcément, révèle une étude publiée lundi 2 mai dans Nature Climate Change: cela dépend du niveau de réchauffement, mais aussi de la croissance démographique, la présence de l’homme empêchant les incendies.

Toutes les études le montrent: les incendies de forêt devraient se multiplier dans un monde plus chaud et plus sec, celui que nous préparent les changements climatiques en cours. Or d’autres facteurs sont rarement pris en compte: le CO2 lui-même, qui favorise la poussée végétale, et la croissance démographique, ainsi que la répartition de la population -urbaine ou rurale.

Certes, l’homme est responsable de la plupart des départs d’incendies, mais sa présence constitue aussi un frein aux incendies, en modifiant la végétation et en fragmentant les paysages. Plusieurs études ont ainsi montré que les surfaces affectées par les incendies diminuent lorsque la densité humaine s’élève.

Climat vs homme

Quel bilan au niveau mondial, et qui l’emportera de l’homme ou du climat? Tout dépend du niveau de réchauffement d’une part, de la croissance démographique et de l’urbanisation d’autre part, révèle l’étude menée par Wolfgang Knorr, de l’université de Lund (Suède), et ses collègues.

Dans le cas d’un scénario intermédiaire d’émissions de gaz à effet de serre (RCP4.5), le facteur humain l’emporterait, avec une baisse de la surface affectée par les incendies d’ici 2100, à moins d’une faible croissance démographique et d’une urbanisation rapide.

Dans le cas d’un scénario tendanciel démissions (RCP8.5), c’est en revanche le climat qui l’emporte à partir de 2050, avec une hausse de la surface affectée par les incendies, dans tous les cas de figure démographiques, jusqu’en 2100.

Forte baisse en Afrique

Dans le cas d’une réduction des surfaces incendiées, c’est en Afrique, actuellement touchée par la moitié des incendies dans le monde, que la situation évoluerait au mieux. En cause, sa forte poussée démographique, qui sera la plus élevée au cours du 21ème siècle. D’autres zones ne devraient en revanche pas échapper aux flambées, dont l’Amérique du Nord, le sud de l’Europe et le centre de l’Amérique du Sud, dont l’Amazonie.

Contre toute attente, le CO2 a en revanche un effet bénéfique: bien que favorisant la végétation, il pourrait avoir un effet global négatif sur les incendies, en permettant la transition des savanes vers les arbustes, au détriment des herbes sèches. Or plus de 70% des incendies dans le monde surviennent dans des savanes.

Même en cas de baisse des incendies au niveau mondial, l’homme pourrait, de manière paradoxale, y être de plus en plus exposé: en cause, le fait que la croissance démographique mondiale va aussi toucher les zones actuellement les plus à risque d’incendie. Même si le risque baisse, la population qui y sera soumise sera plus nombreuse.



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