Risque environnemental et valorisation des entreprises

Le 03 mai 2005 par Ludivine Hamy
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Cours CAC 40
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Une récente étude tente d’évaluer l’impact de l’investissement socialement responsable (ISR) sur les valorisations d’entreprises. Parce que les enjeux financiers sont considérables, le risque environnement commence à être pris au sérieux par les entreprises et les investisseurs.

Aujourd'hui, les critères financiers ne sont plus les seuls à influencer le cours des actions en bourse. Une nouvelle classe de risques (sociaux, environnementaux, de gouvernance…) pèse désormais sur les entreprises. Il suffit pour s'en convaincre de penser à l'impact qu'a pu avoir l'annonce de provisions exceptionnelles pour risque amiante sur la valorisation de St Gobain en 2002. En outre, les analystes financiers constatent aujourd'hui que la solvabilité des entreprises est un facteur de vulnérabilité aux risques environnementaux, sociaux…. En effet, la pression croissante des consommateurs et la multiplication, essentiellement aux Etats-Unis, des «class action» constituent une menace plus importante pour les entreprises «riches», donc solvables. C'est ce que les auteurs de l'étude nomment le phénomène de la «deep pocket»: on attaque des entreprises avant tout parce qu'elles peuvent payer de lourdes indemnités. Ainsi, les cabinets d'avocats s'en prennent de plus en plus «aux entreprises ou aux secteurs sur lesquels les analystes financiers sont trop confiants, justement parce que ces groupes sont rentables et affichent de solides bilans», souligne l'étude. Pour l'heure, faute de produits dérivés adaptés, les risques extra-financiers ne peuvent être couverts. Pour autant, les entreprises y sont de plus en plus attentives, et nombreuses sont celles qui ont choisi d'y dédier des moyens humains et financiers.

L'étude menée par la Société générale (SG) et Core Ratings évalue l'impact ISR potentiel sur les performances boursières. Avec plus de 300.000 victimes et un coût financier estimé à 37,4 milliards d'euros pour 2004 selon Swiss Re, les catastrophes naturelles font désormais partie des risques les plus sérieusement pris en compte par les acteurs de la finance. Autres risques redoutés, les pollutions au mercure, au plomb, à la dioxine ou aux pesticides font l'objet d'une surveillance étroite et d'un provisionnement anticipé de la part des entreprises concernées.

Selon les conclusions de l'étude, l'industrie (automobile, pétrole), le secteur pharmaceutique et les services (utilities et télécoms) présentent les meilleurs profils en terme de protection contre les risques ISR (1). A l'opposé, les valeurs financières (notamment les banques) et les biens de consommations sont les plus exposés. Au niveau des entreprises, on retrouve parmi les «meilleurs de la classe» (best in class) sectoriels, les sociétés françaises L'Oréal, Lafarge et Air Liquide, tandis que, Richemont, le Crédit agricole et Bouygues présentent les plus mauvaises performances. Si l'on étudie les entreprises sous le prisme «risque environnement», on constate le bon positionnement des secteurs automobile, pharmacie et technologies de l'environnement, tandis que les banques de détails et les biens de consommation arrivent en bas du classement. Renault, Accor, Lafarge et Air Liquide s'illustrent particulièrement pour leur prise en compte du risque environnement.

(1) Risques couvrant les problématiques environnementales, sociétales, ressources humaines et gouvernement d'entreprise.




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