Risque d’inondation: le plan francilien sera finalisé d’ici à 2015

Le 24 janvier 2014 par Stéphanie Senet
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Le risque d'une crue centennale enfin pris en compte au niveau régional
Le risque d'une crue centennale enfin pris en compte au niveau régional

Une nouvelle étude sur le risque d’inondation en Ile-de-France a été présentée, ce 24 janvier, par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). L’occasion pour la préfecture de région d’annoncer la finalisation d’une stratégie locale de gestion du risque d’ici à 2015, comme la directive européenne l’y oblige.

On ne compte plus les évaluations de dommages d’une crue centennale de la Seine, équivalente à celle que la capitale a connue en 1910. «8% des logements risquent d’être inondés», estime une étude de l’Institut d’urbanisme et d’aménagement de la région Ile-de-France, publiée en décembre 2013. «Les dommages s’élèveront à 5% du PIB de la région», selon un colloque sur le risque d’inondation organisé à Paris en décembre 2013.

L’OCDE vient d’enrichir cette littérature en remettant au ministère de l’écologie une étude détaillant trois scénarios de crue majeure. Dans le premier cas, le débit atteint 80% de celui mesuré en 1910 et paralyse la capitale pendant une semaine. Deuxième hypothèse, à débit identique, il faut compter deux semaines pour observer un retour à la normale. Enfin, avec un débit supérieur de 15% à celui de 1910, la ville-lumière mettra un bon mois avant de pouvoir redémarrer ses infrastructures de base.

De 3 à 30 Md€ de dommages directs

Quel que soit le scénario, «5 millions de citoyens seront touchés directement ou indirectement», affirme Charles Baubion, de la direction de la gouvernance publique et du développement territorial à l’OCDE, lors d’un colloque organisé ce 24 janvier au Palais d’Iéna, à Paris.

Les risques les plus importants se concentrent sur les sites industriels classés Seveso (plus de 90 en Ile-de-France), les stations d’épuration ou encore les sites de stockage de déchets. Un quart des infrastructures électriques seraient aussi inopérantes et près de 140 kilomètres de lignes de métro (sur 250) seraient fermées préventivement. «On est entrés dans un monde où sans électricité, on ne peut plus rien faire, y compris distribuer l’eau potable», souligne Jean-Paul Kihl, secrétaire général de la zone de défense et de sécurité de Paris. Près de 5 millions de foyers pourraient subir des coupures d’eau et 1,3 million une dégradation de la qualité de l’eau du robinet.

«Au total, il faut s’attendre à des dommages directs oscillant entre 3 et 30 milliards d’euros, auxquels s’ajoutent des pertes de PIB cumulées sur 5 ans de l’ordre de 1 à 60 Md€», détaille Charles Baubion.

Déficit de gouvernance

Si l’alerte est une nouvelle fois donnée, c’est que la prise de conscience du risque inondation reste insuffisante en Ile-de-France. «On observe un déficit flagrant de gouvernance, sur cette gestion du risque, en raison des strates multiples de compétence», explique Stéphane Jocobzone de l’OCDE. «La prévention relève du ministère de l’écologie [qui prépare actuellement une Stratégie nationale, ndlr], la gestion de crise revient à la préfecture de police, la gestion de l’eau à l’Agence de l’eau et l’aménagement du territoire aux communes», poursuit-il. Et ce n’est pas fini puisque le projet de loi Mapam (sur la modernisation de l’action publique et l’affirmation des métropoles) confie aux communes et aux intercommunalités une nouvelle compétence de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations.

En conclusion, l’organisation basée à Paris recommande de se préparer d’urgence à une crue centennale en articulant mieux les compétences territoriales, et en adoptant une vision globale accompagnée de principes d’action et d’objectifs précis.

Un PGRI d’ici à 2015

Surfant sur cette nouvelle étude, Jean Daubigny, préfet de région et préfet coordonnateur de bassin, a annoncé ce 24 janvier qu’un comité stratégique de pilotage avait été lancé le 15 janvier. Réunissant des scientifiques, des élus et des entreprises, il doit donner naissance à un plan de gestion du risque d’inondation (PGRI) en Ile-de-France d’ici à 2015.

L’adoption d’un PGRI est rendue obligatoire par la directive Inondation du 23 octobre 2007, et doit être réalisée, par bassin hydrographique, au plus tard le 22 décembre 2015. Ces PGRI doivent être pilotés par les préfets coordonnateurs de bassin, demande la réglementation européenne.



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