Risque cardiovasculaire: le café réhabilité?

Le 28 mars 2012 par Romain Loury
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Seule l'association du café et de la cigarette est mauvaise.
Seule l'association du café et de la cigarette est mauvaise.

Le café ne serait pas lié à un risque accru de maladies cardiovasculaires et pourrait au contraire prévenir le diabète, selon une étude allemande publiée dans l’American Journal of Clinical Nutrition.

Ce n’est pas la première fois que le lien café/infarctus est mis à mal. Si quelques études ont bien montré un surplus d’infarctus dans l’heure suivant l’ingestion, celles portant sur le long terme sont moins tranchées: hausse du risque selon certains auteurs, aucun effet, voire baisse du risque, selon d’autres.

A l’origine de ces divergences, le fait que les grands buveurs de café sont aussi ceux qui fument le plus et consomment le plus d’alcool. Un phénomène qui n’a pas toujours été pris en compte, mais qui permettrait de réhabiliter le café, selon l’équipe de Heiner Boeing, de l’Institut allemand de nutrition humaine Potsdam-Rehbruecke.

Selon leur analyse de 42.659 personnes de la cohorte Epic (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition), ce n’est qu’après ajustement des données brutes sur le tabac et l’alcool que l’absence de risque était constatée. Après ce lissage statistique, le café n’était associé ni à l’infarctus, ni à l’accident vasculaire cérébral (AVC), ni aux maladies cardiovasculaires prises dans leur ensemble.

Sans lien avec le risque de cancer, cette boisson pourrait même entraîner une baisse de 23% du risque de diabète de type 2 (non insulinodépendant), chez ceux en buvant au moins 4 tasses par jour. La protection n’est toutefois observée que chez les non-fumeurs: «le tabac étant un facteur établi de diabète, ses effets délétères pourraient annuler les bénéfices potentiels du café», avancent les chercheurs.

Plutôt que le café, c’est donc le mode de vie l’accompagnant qui favoriserait le risque de maladies chroniques. Reste toutefois à démontrer qu’il en est de même chez les personnes déjà malades: la plupart des études menées à ce jour, dont celle-ci, n’ont porté que sur des populations sans problème de santé.

L’éventuel effet protecteur ne serait pas à chercher du côté de la caféine, mais plutôt d’autres molécules, dont les composés phénoliques à l’activité anti-oxydante, rappelle Esther Lopez-Garcia, de l’université autonome de Madrid, dans un éditorial accompagnant l’étude.

Selon la chercheure, rien ne prouve en revanche que les cafés de type expresso soient aussi bons pour la santé. Non filtrés, ils contiennent des diterpènes: des molécules certes aux effets anticancéreux mais qui accroissent le taux de cholestérol, peu favorable au système vasculaire.

 



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