Rion: itinéraire d’un parc éolien pas gâté

Le 31 août 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
L'éolienne : arme absolue contre les avions et les hélicoptères.
L'éolienne : arme absolue contre les avions et les hélicoptères.

Sur le terrain, la transition énergétique n’est pas un long fleuve tranquille. Exemple choisi dans les Landes.

C’est la fin d’un rêve de transition écologique. Jusqu’en 2009, Rion-des-Landes (40) vivait en partie de ses revenus forestiers. Installée dans la formidable forêts des landes de Gascogne, la petite commune tirait, bon an mal an, 400.000 euros de l’exploitation de ses 2.000 hectares de bois.

Des vents de près de 200 km/h

Dans la nuit du 23 au 24 janvier 2009, la tempête Klaus frappe le Sud-Ouest: 230.000 ha de forêts landaises sont à terre. A Rion, la moitié du massif communal est abattu par les rafales, dont certaines ont frôlé les 200 km/h.

Malgré le lancement rapide du plan de reboisement, le bois ne sera plus avant longtemps une ressource pour la commune. D’où l’idée de se tourner vers la production d’énergies renouvelables. En 2012, l’idée se concrétise.

 

Du ginseng sous le solaire

Mateos, une entreprise biterroise d’électricité, construit sur un ancien site forestier un énorme hangar sur lequel elle installe 36.000 panneaux photovoltaïques (9 mégawatts crête). De quoi alimenter 4.000 foyers. Sous les 9 ha de la centrale solaire, France Ginseng a planté 6 millions de graines de ginseng, une herbacée à la base de la pharmacopée chinoise. Poussant naturellement dans les forêts de feuillus chinoises ou canadiennes, le ginseng est ravi de se retrouver à l’ombre des panneaux.

Quatre années de culture sont nécessaires avant de pouvoir récolter son rhizome. D’où l’intérêt de la centrale photovoltaïque, qui fournit un petit revenu aux deux agriculteurs et à France Ginseng. Sans oublier quelques taxes locales reversées à la commune.

A proximité, sur des terrains communaux (anciennement boisés), deux centrales photovoltaïques au sol de 24 MWc sont mises en service. Les loyers payés à la ville par les opérateurs permettent de financer la plantation d’une centaine d’hectares par an.

Contraintes nombreuses

Forte de cette belle expérience, Rion-des-Landes veut aller plus loin dans la transition énergétique. Et pourquoi pas accueillir une ferme éolienne? Filiale de Mateos, Solveo Energie se pique au jeu. Au vu des nombreuses contraintes locales (réserve nationale d’Arjuzanx, radar météorologique, bases aériennes de Mont-de-Marsan et de Dax), deux sites se prêtent à l’installation de 10 turbines de 3,3 MW unitaire.

Localement, les associations environnementales ne sont pas très chaudes. Aux anti-éolien traditionnels se joignent les voix de la Sépanso qui craint une dégradation du paysage (fortement remanié par Klaus) et un impact sur l’avifaune (grues cendrées, bondrées apivores et circaètes-Jean-Le-Blanc et sur les chauve-souris). Remarques reprises à son compte, en octobre 2014, par l’Autorité environnementale.

L'armée change de cap

C’est l’armée qui a finalement torpillé le projet. En octobre 2015, armée de terre et de l’air se prononcent contre le projet. La zone choisie par le développeur menace la sécurité des vols tactiques des hélicoptères de la base de Dax et des Rafale de la base de Mont-de-Marsan. L’affaire semble entendue. Mais la grande Muette change d’avis au mois de mars 2016. Avant de se dédire 5 mois plus tard. Le 9 août dernier, le préfet des Landes rejette la demande de permis unique. Solveo, qui dit avoir déjà investi 2 millions d’euros dans les études, entend bien faire appel.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus