Rio+20 version société civile

Le 27 janvier 2012 par Stéphanie Senet
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La société civile sera à Rio le 13 juin prochain
La société civile sera à Rio le 13 juin prochain

Le temps presse. Quatre mois avant l’ouverture de la Conférence des Nations unies sur le développement durable, dite Rio+20, la mobilisation de la société civile s’organise.

Constitué dès juillet 2010, le collectif Rio+20 a expliqué aujourd’hui 27 janvier, lors d’une conférence de presse à Paris, ce qu’il attendait du prochain sommet de la terre. Une chose est sûre: le «draft zero», c’est-à-dire le texte de base des négociations lui paraît insuffisant. Celui-ci se focalise sur le bilan des politiques menées au cours des deux dernières décennies, sur les principes d’une économie verte et sur la réforme de la gouvernance mondiale, notamment par la création d’une véritable agence onusienne dédiée à l’environnement (voir JDLE).

Réunissant 80 ONG environnementales, de solidarité internationale, féministes, syndicales et d’économie sociale et solidaire, le collectif regrette la faiblesse des orientations du texte, réaffirmant pour l’essentiel des principes acquis et des engagements vagues et anciens. Autre grief: «Le monde a changé depuis 1992, pourtant le texte ne prend pas en compte ses grands bouleversements», rappelle Pierre Radanne, le président de l’association 4D. La mondialisation s’est amplifiée, les pays émergents ont décollé, la crise économique et financière est passée par là, sans oublier l’augmentation des prix des matières premières ou les difficultés des négociations sur le climat, précise le collectif.

Le groupe a trois attentes sur la forme: une déclaration officielle (même si le collectif sait qu’aucun engagement ne sera sans doute pris), une feuille de route concrète (reprenant les Objectifs du millénaire pour le développement, les fameux OMD, en les élargissant au développement durable), et enfin une prise de conscience mondiale, génératrice de mobilisation.

Sur le fond, le collectif a retenu deux thèmes essentiels: la création de systèmes de régulation et la réforme de la gouvernance mondiale.

Côté régulation, Nathalie Père-Marzano, déléguée générale du Centre de recherche et d’informations pour le développement (Crid), a rappelé la nécessité de mettre en place des systèmes de régulation de l’économie et de la finance, au-delà de la taxe sur les contributions financières: éradication des paradis fiscaux, régulation juridiquement contraignante des multinationales, notamment lorsqu’elles mettent en danger les écosystèmes.

Côté gouvernance, l’idée est de relancer le multipartisme. «Sans cadre juridique contraignant, une nouvelle organisation de l’environnement ne règlera pas les problèmes», précise Céline Mesquida, chargée de mission à France Nature Environnement, qui ajoute: «Seule la relance du multipartisme peut aboutir à la conclusion de conventions». Elle pense en particulier aux océans, dont 60% sont actuellement victimes de pillage en dehors de toute réglementation. Autre idée: prévoir une connexion entre les différents textes, qui se trouvent parfois en contradiction. Enfin, le renforcement de la démocratie peut avoir lieu à Rio, rajoute-t-elle. «La convention européenne d’Aarhus intéresse de plus en plus de pays, il faut généraliser ses principes.»

Pierre Radanne sait que Rio se joue avant le mois de juin. Il espère que les demandes du collectif vont trouver des échos à travers le monde, notamment à l’actuel Forum thématique de Porto Alegre sur la justice sociale et environnementale. Dans ses rêves les plus fous, il imagine une déclaration de toutes les sociétés civiles qui serait signée en mars.

 

(1)    Parmi elles: l’association 4D, le CCFD-Terre solidaire, le Centre de recherche et d’informations pour le développement (Crid), France Nature Environnement, RAC-France, le Secours catholique, le WWF…



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