Rio +20: les thèmes des négociations se précisent

Le 08 novembre 2011 par Stéphanie Senet
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A 7 mois de la Conférence des Nations unies sur le développement durable, dite Rio+20, prévue en juin 2012 à Rio de Janeiro, les débats se focalisent sur la création d’une future Organisation mondiale de l’environnement et sur les attentes d’une économie verte.

Rio+20 se tiendra finalement du 20 au 22 juin 2012. Ce report de 15 jours, annoncé en clôture du G20, a été accordé aux pays du Commonwealth qui souhaitaient assister au 60e anniversaire du couronnement de la reine d’Angleterre.

 
Dans l’agenda des négociations internationales, l’heure est au développement de deux thèmes majeurs retenus pour la Conférence, la gouvernance mondiale du développement durable (DD) et l’économie verte, alors qu’environ 700 contributions ont été remises, le 1er novembre, au secrétariat exécutif de Rio+20.
 
Le fruit de ce travail réalisé par les Etats membres, mais aussi des organisations intergouvernementales et des groupements d’entreprises sera synthétisé et restitué lors du deuxième comité préparatoire (Prep-Com 2), qui se déroulera à New York les 15 et 16 décembre.
 
D’ores et déjà, on peut garantir que les débats sur une Organisation mondiale de l’environnement (OME) tiendront une bonne place à Rio. Cette proposition française, qui remonte au sommet de Johannesburg en 2002 (voir JDLE http://www.journaldelenvironnement.net/article/organisation-mondiale-de-l-environnement-pourquoi-ca-bloque,24924), gagne en effet de nouvelles adhésions. «L’idée est soutenue par une centaine de pays, dont les pays de l’Union africaine, depuis le 25 octobre», précise Jean-Pierre Thébault, ambassadeur français délégué à l’environnement, lors d’une conférence organisée aujourd’hui 8 novembre à Paris par l’Association des journalistes de l’environnement (AJE). L’Union européenne avait déjà soutenu, en 2005, cette proposition. Le Conseil économique, social et environnemental l’a aussi approuvée dans un avis du 8 novembre en vue de la Conférence de Durban.
 
Jean-Pierre Thébault affirme qu’une agence onusienne de plein droit et à mandat universel est nécessaire pour déployer le développement durable au niveau international. S’agira-t-il d’une agence créée ad hoc ou d’une agence existante dotée de nouvelles compétences? «Les deux thèses existent aujourd’hui. Certains plaident pour l’émergence d’un Haut conseil du DD, sur le modèle de l’organisme dédié aux droits de l’homme. Mais l’urgence environnementale nous pousse à préférer la réforme d’un organe comme le Conseil économique et social des Nations unies (Ecosoc), qui serait opérationnel plus vite», poursuit-il.
 
La représentante du Pnue, Sylvie Lemmet, estime de son côté qu’il «faut une organisation très forte, capable de faire le poids face à l’OCDE et la Banque mondiale, et qui centralise les financements aujourd’hui éparpillés entre le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue), le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), etc».
 
Pour rappel, le Pnue ne compte aujourd’hui qu’une soixantaine d’Etats à son conseil d’administration et ne bénéficie pas du statut d’agence onusienne. Un manque de légitimité qui est peut-être responsable du mauvais bilan des 20 ans qui ont suivi le sommet de Rio de 1992, selon Lucien Chabason, conseiller à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) et auteur du rapport «20 ans après Rio, un développement qui n’a rien de durable» (1).
 
Au chapitre de l’économie verte, l’enjeu consiste à répondre à la croissance de la population mondiale, qui comptera plus de 9 milliards d’habitants en 2050 (voir JDLE http://www.journaldelenvironnement.net/article/les-humains-ont-de-plus-en-plus-soif,25660). «A chaque milliard supplémentaire, la consommation d’énergie double», rappelle Jean-Pierre Thébault, qui espère que Rio avancera sur la question d’une production et d’une consommation durables.
 
Selon Sylvie Lemmet, le Pnue (dont elle est la directrice de la division Technologie, industrie et économie) planche aujourd’hui avec 20 pays sur des politiques publiques favorisant l’économie verte (Green Economy Initiative). «Les demandes offrent un aperçu des préoccupations selon les continents. Ainsi l’Afrique du Sud souhaite tester le bénéfice d’un investissement vert sur la création d’emplois. Les Caraïbes veulent créer des centres régionaux de soutien à la consommation durable. Le Brésil veut affiner les outils de valorisation de la biodiversité», détaille-t-elle.
 
Les ONG présentes au débat ont tenu à recadrer l’économie verte dans le contexte d’une plus grande responsabilité des entreprises. Pour Nathalie Péré-Marzano, du Centre d’information et de recherche sur le développement (Crid), «la responsabilité sociale et environnementale des entreprises sur un mode volontaire est insuffisante. Une régulation contraignante des acteurs privés s’impose».
 
Enfin, Rio+20 ne pourra sans doute pas faire l’impasse sur le bilan des engagements pris à Rio en 1992, ni sur certaines thématiques précises, comme les océans (une cinquantaine d’Etats appellent au lancement d’une économie bleue autour des énergies marines). Il ne pourra pas non plus éluder la question d’un bilan mondial annuel (comme il en existe pour les Objectifs du millénaire pour le développement), ni celle de nouveaux indicateurs de richesse. Vaste programme à suivre…
 
(1) http://www.iddri.org/Publications/Collections/Idees-pour-le-debat/20-ans-apres-Rio,un-developpement-qui-n-a-rien-de-durable


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