Rhône-Méditerranée: la moitié des rivières en bon état

Le 28 mars 2018 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
52% des cours d'eau de Rhône-Méditerranée et Corse sont en bon état
52% des cours d'eau de Rhône-Méditerranée et Corse sont en bon état

52% seulement des rivières du bassin Rhône-Méditerranée sont en bon état, selon le rapport 2017 publié le 27 mars par l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée et Corse (RMC). Les cours d’eau restent fortement contaminés par les pesticides et soumis à l’artificialisation et aux prélèvements excessifs.

 

Comme d’habitude, les zones les plus urbanisées et cultivées de façon intensive affichent les plus fortes contaminations. Soit le Beaujolais et les bassins industrialisés du Rhône. La toxicité des pesticides dans les cours d’eau a toutefois été réduite de moitié au cours des 10 dernières années grâce au retrait du marché de substances toxiques. C’est le cas du dichlorvos, un insecticide utilisé pour conserver les céréales, retiré depuis le 1er mai 2013.

 

Des pesticides en nombre et en concentration

Les pesticides représentent toutefois les molécules les plus présentes dans les eaux, le glyphosate et son métabolite l’AMPA en tête (dans un point d’analyse sur deux), et présentent les concentrations les plus élevées. Ce qui confirme les chiffres de vente. 4.600 tonnes de glyphosate ont été vendues en 2016 en Rhône-Méditerranée et Corse pour 16.000 t de substances actives.

Parmi les autres micropolluants, les rivières sont contaminées par des métaux, des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) provenant des retombées des résidus de combustion du bois, fuel et charbon, de l’EDTA (un conservateur utilisé dans l’industrie cosmétique), du formaldéhyde (notamment utilisé comme biocide) et du phosphate de tributyle (retardateur de flamme).

Analgésiques, bétabloquants, anxiolitiques… 50 substances provenant de médicaments, stimulants, hormones et stéroïdes ont également été relevées.

 

Seuils et barrages

Autre mauvaise nouvelle: les rivières rectifiées représentent encore la moitié des rivières, en particulier dans les grandes zones agricoles de la Saône, du Languedoc et du Roussillon et des axes de communication des vallées du Rhône, Isère et Durance.

La moitié des cours d’eau sont également cloisonnés par des seuils et des barrages, en particulier dans les massifs alpins, où les poissons circulent mal et où les sédiments parviennent difficilement jusqu’à la Méditerranée. Quelque 150 kilomètres ont toutefois été restaurés depuis 2013, note l’Agence.

 

Prélèvements trop lourds

Enfin, côté stress hydrique, 40% des territoires du sud de l’Hexagone souffrent déjà d’un déficit d’eau chronique. «Fin 2015, 46% des rivières en Rhône-Alpes étaient perturbées par des prélèvements trop importants. Et cela va s’aggraver avec le changement climatique», a déclaré Yannick Prebay, directeur de l’agence rhodanienne.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus