Rhodia et ses risques environnementaux

Le 27 avril 2005 par Christine Sévillano
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Les risques environnementaux sont à l'ordre du jour chez Rhodia. Le chimiste doit répondre d'un manque de provisions par le passé sur ces risques, mais aussi d'autres griefs financiers. Et même si aujourd'hui il les couvre mieux, il semble que Rhodia va devoir en répondre devant la justice française et américaine.

L'affaire Rhodia fait toujours autant parler les spécialistes des marchés financiers. Selon Le Figaro, le groupe de chimie réclamerait 600 millions d'euros dans le cadre de la procédure d'arbitrage avec son ancienne maison-mère, Rhône-Poulenc, devenu Sanofi-Aventis. Sur cette somme, 100 millions d'euros seraient versés pour les risques environnementaux. Rhodia reproche à Rhône-Poulenc de ne pas avoir suffisamment couvert ces risques, ainsi que les retraites des salariés, lors de sa création en 1998. Pourtant, à l'époque, elle avait pourtant accepté 88 millions d'euros pour solde de compte afin de faire face à des risques environnementaux futurs.

L'Autorité des marchés financiers (AMF), qui a enquêté sur les comptes de Rhodia  du 31 décembre 2000 au printemps 2003, a pointé des griefs financiers mais aussi une insuffisance de couverture des risques environnementaux. Elle a également confirmé une faible communication du groupe sur ses bilans. Ce document a mis le feu aux poudres puisque plusieurs avocats américains veulent désormais poursuivre Rhodia dans le cadre de procédures collectives (class actions).

Aujourd'hui, les provisions de Rhodia sont plus importantes: le rapport 2004 indique qu'elles s'élèvent à 208 millions d'euros pour les quinze prochaines années, dont 80 sont concentrés sur les deux sites les plus importants, Silver Bow (Etats-Unis) et Cubatao (Brésil). 140 millions d'euros ont également été prévus hors bilan pour faire face aux risques potentiels. «C'est plus sécurisant de les envisager, ils ne sont pas vraiment chiffrables et ont été évalués en fonction d'un certain nombre de scénarios», explique Anne-Laurence de Villepin de la communication de Rhodia. Ainsi le chimiste a anticipé une modification de la législation du New Jersey sur les déchets, qui pourrait avoir un impact sur l'usine de Silver Bow: elle devra certainement envoyer ses déchets vers des filières de traitement spécialisées plutôt que de les traiter sur site. Rhodia a alors tablé sur le pire des scénarios: l'envoi des déchets vers le centre le plus éloigné.




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus