Révolution énergétique, mode d'emploi

Le 02 juillet 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Voilà plusieurs années que les experts de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) s’inquiètent. En effet, constatent-ils, les émissions de gaz à effet de serre (GES) ne cessent de croître à un rythme toujours plus rapide. De 1990 à 2000, nos rejets de GES ont augmenté de 1 % par an, contre 3 % l’an, en moyenne, entre 2001 et 2008.

Conclusion logique : « Les tendances actuelles ne sont de toute évidence pas viables au regard de l’environnement, de la sécurité énergétique et du développement économique », souligne l’agence de l’OCDE dans sa dernière production, publiée jeudi 1er juillet.

Perspectives des technologies de l’énergie 2010 n’est pas un catalogue de réacteurs ou d’éoliennes du futur. Mis à jour chaque année depuis 2006, ce rapport est, en quelque sorte, le vade-mecum de la révolution énergétique qui doit être faite pour minorer tout risque d’emballement du climat.

A très gros traits, les climatologues du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) estiment que les émissions anthropiques de GES doivent être réduites de 50 % d’ici 2050 pour éviter que la température moyenne mondiale ne progresse de plus de 2°C, par rapport à l’ère pré-industrielle. Or, compte tenu du parc énergétique actuel, de notre consommation d’énergie et des tendances « au fil de l’eau », notre appétit en kilowattheures (kWh) devrait plutôt augmenter de 40 à 50 % durant la première moitié du siècle. Ce qui pourrait amener le thermomètre planétaire à voir monter son mercure de 3 à 4°C.

Depuis le sommet du G8 de Heiligendamm, en 2007, l’un des rôles dévolus à l’AIE est de proposer des scénarios énergétiques durables. Ou comment réaliser la révolution énergétique mondiale sans mettre à bas le système économique actuel ?

La route tracée par l’AIE ne sera pas des plus simples. Pour parvenir à diminuer de moitié notre empreinte carbonique, l’agence parisienne estime inévitable de réduire de 64 % l’intensité carbone de notre consommation d’énergie. Celle-ci, en effet, ne pourra qu’augmenter du seul fait de la croissance démographique.

Intitulé Blue Map, le scénario vertueux de l’AIE est très ambitieux. Il prévoit de réduire de 4 % notre consommation d’hydrocarbures liquides, mais de 36 % notre demande de charbon, de 12 % celle de gaz naturel. Le tout pour laisser une large place aux énergies renouvelables (ENR) qui fourniront près de 40 % de l’approvisionnement énergétique total, dont la moitié apportée par les agrocarburants.

Voilà pour le général. Pour l’électricité, les efforts à réaliser ne sont pas de moindre ampleur. En 2050, estime le rapport, 48 % des électrons devront être produits à partir d’ENR. L’atome étant à l’origine du quart de la production d’électricité. Un sacré pari sur l’avenir : l’AIE imagine que 17 % de la production électrique sera le fait de centrales thermiques à flamme équipées de systèmes de capture et de séquestration géologique du CO2 (CSC).

Bien évidemment, les consommateurs devront eux aussi contribuer au changement de paradigme énergétique. Grâce à l’utilisation d’une électricité presque décarbonée (son facteur carbone sera de 67g.CO2/kWh contre 350 g.CO2/kWh en 2008) et de nouvelles techniques de construction, les bâtiments verront leurs émissions diminuer des deux tiers.

L’automobile ne ressemblera pas à celle que nous connaissons. Plus de 8 véhicules sur 10 seront hybrides rechargeables ou électriques. La consommation d’hydrocarbures par le secteur des transports diminuera de moitié en 40 ans.

Avec la généralisation de la CSC, de plus forts taux de recyclage et une efficacité énergétique accrue, l’industrie lourde pourra réduire de 25 % ses émissions de GES.

Certes, cette mutation a un prix. Selon ses promoteurs, les investissements qui devront être consentis pour construire un système énergétique durable sont considérables : 316.000 milliards de dollars (255.000 milliards d’euros) sur une cinquantaine d’années. Soit 17 % de plus qu’un système classique dimensionné pour un plus grand nombre d’habitants.

Le montant de la facture est considérable. Mais à bien y regarder, cette nouvelle façon de consommer l’énergie nous permettrait aussi de réduire de 112.000 milliards $ (90.000 milliards €), en un demi-siècle, le montant de notre facture de combustible et de carburant. Sans oublier le bénéfice pour le climat, par essence inestimable.



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