Réutilisation des eaux usées: deux concurrents en pôle position

Le 03 octobre 2006 par Agnès Ginestet
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re use
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Cette méthode alternative pour économiser l’eau et faire face à une crise potentielle devrait bientôt connaître un boom au niveau international. Les principaux distributeurs d’eau en France, Suez environnement et Veolia eau, développent déjà des projets utilisant ce système.

Sur les 369 milliards de mètres cubes (m3) d'eaux usées collectés dans le monde chaque année, 7,1 m3 sont réutilisés. C'est ce qu'on appelle le «re-use». D'ici 2015, le volume d'eau réutilisée devrait connaître une croissance de 180%. Le dessalement de l'eau de mer, autre méthode alternative, enregistrerait «seulement» une augmentation de 102%. La Chine et la zone Moyen-Orient/Afrique du Nord sont les principales régions qui devraient voir leur capacité installée augmenter pour le re-use, respectivement de 29% et de 12% d'ici 2015 (1).

Lors d'une conférence de presse le 22 septembre, le directeur général de Veolia eau, Antoine Frérot, a vanté les mérites du re-use, dont l'un des avantages réside dans le fait que «la ressource augmente en même temps que la population augmente». De plus, ce système serait moins coûteux que le dessalement, l'eau importée, ou l'eau puisée à plus de 800 mètres de profondeur. Mais tout dépend de la qualité finale souhaitée et donc des étapes de traitement à ajouter à la sortie des stations d'épuration. Ainsi, selon Antoine Frérot, le prix du m3 d'eau recyclée peut aller de 10 à 50 centimes d'euros.

Utiliser le re-use pour produire de l'eau potable est loin d'être d'actualité en France. La capitale de la Namibie, Windhoek, est d'ailleurs la seule ville au monde à produire son eau potable directement à partir des eaux usées. La ville de Toowoomba (Australie) a refusé ce système lors d'un référendum au mois de juillet. «Il est techniquement possible de réutiliser les eaux usées pour produire de l'eau potable, mais il existe des freins psychologiques», a-t-on indiqué chez Suez environnement. Les deux concurrents se limitent donc pour l'instant à l'irrigation des cultures, à l'arrosage des espaces verts et des terrains de golf ou au recyclage des eaux de process dans certaines usines.

Veolia mène actuellement des projets de re-use en France. Le golf de Sainte-Maxime (Var), dont la consommation est équivalente à celle de 15.000 habitants, est en partie arrosé à partir d'eaux usées. Dans une partie de la baie du mont Saint-Michel (Manche), les eaux usées sont acheminées dans des bassins de lagunage où des bactéries se chargent du traitement. Des cultures maraîchères sont irriguées grâce à cette eau recyclée.

Les deux groupes distributeurs d'eau ont surtout investi dans des projets à l'international. Suez environnement, via sa filiale Degrémont, a par exemple construit à San Luis Potosi (Mexique) une station d'épuration inaugurée début 2006. Elle doit contribuer au recyclage de 80.000 m3 d'eaux usées par jour. Une partie de l'eau obtenue est utilisée pour irriguer des cultures, et l'autre partie sert de liquide de refroidissement dans une centrale thermique.



(1) Global water intelligence, Water reuse markets 2005-2015: A global assessment and forecast




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