Réunion: une faune à la dérive

Le 02 juillet 2010 par Célia Fontaine
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Le comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et le Muséum national d’Histoire naturelle ont annoncé hier les premiers résultats de la Liste rouge des espèces menacées[1] en Outre-mer. Les analyses réalisées sur les 165 espèces de la faune réunionnaise montrent un degré de menace très préoccupant.

Les trois espèces de reptiles terrestres indigènes présentes à La Réunion sont toutes menacées, « comme le Gecko vert de Bourbon, victime de la dégradation et de la fragmentation de son habitat forestier et classé dans la catégorie ’En danger’ » précise le communiqué du 1er juillet.

Chez les oiseaux, le Tuit-tuit (Coracina newtoni), un petit passereau qui ne se rencontre nulle part ailleurs, est victime des rats et des chats introduits par les populations.

Les insectes ne sont pas épargnés : une espèce de papillon de jour sur sept et plus d’une espèce de libellules et demoiselles sur cinq sont menacées de disparition. Le phasme du Palmiste rouge est classé « En danger critique d’extinction ». En cause, la raréfaction des plantes qui les nourrissent.

Le communiqué poursuit la litanie des espèces menacées : dans le milieu marin, les résultats des analysent montrent que « l’urbanisation croissante du littoral et le développement des activités humaines dans les eaux côtières fragilisent des espèces comme la Baleine à bosse et la Tortue verte, respectivement classées ’Vulnérable’ et ’En danger’ ».

Pour certaines, il est déjà trop tard. Près du quart des espèces d’oiseaux de l’île sont désormais éteintes, soit 13 espèces sur les 55 présentes avant l’arrivée de l’homme. Parmi celles-ci, 11 espèces étaient endémiques de l’île, comme le Solitaire de la Réunion.

Les associations locales, scientifiques, gestionnaires d’espaces naturels et les autorités locales se mobilisent face à cette situation préoccupante. Plusieurs plans nationaux d’action sont en cours d’élaboration pour les espèces les plus menacées. « Des plages ont été réhabilitées pour offrir aux Tortues vertes de nouveaux sites de pontes. Une charte pour une approche et une observation responsables des Baleines à bosse a été réalisée pour assurer la tranquillité de ces espèces en mer ».

La Liste rouge des espèces menacées en France est née en 2007 et s’actualise régulièrement. La classification d’une espèce ou d’une sous-espèce dans l’une des trois catégories d’espèces menacées d’extinction (CR, EN ou VU) s’effectue par le biais d’une série de 5 critères quantitatifs. Ces derniers sont basés sur différents facteurs biologiques associés au risque d’extinction : taux de déclin, population totale, zone d’occurrence, zone d’occupation, degré de peuplement et fragmentation de la répartition.



[1] Sur le même modèle que la liste rouge mondiale : www.iucnredlist.org/



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