Réunion: la pêche au Tigre et au Bouledogue suspendue

Le 13 mai 2016 par Marine Jobert
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Le requin bouledogue.
Le requin bouledogue.
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Le tribunal administratif vient d’annuler l’arrêté qui autorisait la chasse de deux espèces de requin responsables d’attaques autour de l’île de La Réunion. Les associations qui avaient attaqué la mesure sont satisfaites.

Le tribunal administratif de la Réunion a censuré l’autorisation accordée par le préfet de région de pêcher deux espèces non protégées de requins, le Tigre (Galeocerdo cuvier) et le Bouledogue (Carcharhinus leucas) dans trois zones situées dans le périmètre de la réserve naturelle marine de La Réunion. Dans cette aire de 2,97 hectares, des professionnels dûment enregistrés pouvaient, depuis le 16 février 2016 et jusqu’au 31 décembre, «prélever» des rorquals, afin de «réduire l’exposition humaine au risque d’attaque, plus particulièrement lorsque ce prélèvement est réalisé aux abords des zones où prennent place des activités humaines», précisait l’arrêté.

Base scientifique insuffisante

Les associations Aspas, Longitude 181, One Voice et Sea Shepherd[1] s’étaient émues de ce blanc-seing donné à ces captures, décidées selon elles sans fondement scientifique et sans faire la démonstration de leur efficacité. «Il n’a pas été démontré par le préfet, qui souligne qu’aucune attaque de requin n’a eu lieu depuis juillet 2015, que la mise en œuvre immédiate d’un dispositif de prélèvement accru serait seule à même d’assurer la sécurité des lieux de baignade et d’activité nautique, cet objectif étant principalement réalisé, à l’heure actuelle, par des mesures d’interdiction ou de surveillance, assorties d’une information appropriée délivrée aux usagers», a considéré le tribunal administratif dans une ordonnance mise en ligne par l’Aspas. En outre, le juge reproche au préfet d’avoir «uniquement consulté le comité régional des pêches maritimes et des élevages marins et le comité scientifique ad hoc officieusement constitué auprès de celui-ci», au détriment d’organes officiels.

Mesure contreproductive?

Pire, dénoncent les associations: le caractère contreproductif de la mesure, car «cette pêche présente le risque d’attirer des animaux dans un espace qu’ils n’auraient autrement peut-être pas occupé (…). Selon une logique totalement absurde, le préfet souhaite donc sécuriser les zones d’activités nautiques en attirant des requins près de ces zones!» A suivre.

 



[1] Soutenues par Tendua, Sauvegarde des requins, Vagues, Requin Integration et Fondation Brigitte Bardot.

 



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