Réunion: la pêche au Tigre et au Bouledogue ouverte

Le 29 février 2016 par Marine Jobert
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Le requin bouledogue.
Le requin bouledogue.

Deux espèces de requins, responsables d’attaques autour de l’île de La Réunion, sont désormais chassables jusqu’à la fin de l’année.

La pêche aux requins est ouverte à La Réunion. Par un arrêté en date du 16 février, le préfet de La Réunion vient d’autoriser, entre le 15 février et le 31 décembre 2016, les pêcheurs dûment enregistrés à sévir dans trois zones[1] situées dans le périmètre de la réserve naturelle marine de La Réunion. Dans cette aire de 2,97 hectares, calculée sur la base de données fournies par l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer pour l’océan Indien (Ifremer), les professionnels pourront pêcher deux espèces de requins, le tigre (Galeocerdo cuvier) et le bouledogue (Carcharhinus leucas), qui ne sont pas considérées comme protégées. Deux espèces, précise l’arrêté, à qui est imputée la responsabilité de 20 attaques depuis 2011, dont 7 mortelles. Certaines ont eu lieu à l’intérieur de la réserve.

Science tordue

«Le recours au prélèvement ciblé des requins d’espèces potentiellement dangereuses permet de réduire l’exposition humaine au risque d’attaque, plus particulièrement lorsque ce prélèvement est réalisé aux abords des zones où prennent place des activités humaines», détaille l’arrêté. Pour étayer cette assertion, le préfet se base notamment sur les résultats de l’étude Charc[2], menée entre 2011 et 2015 par les chercheurs de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) pour étudier l’écologie et l’éthologie des requins tigre et bouledogue. Or, à aucun moment, cette étude n’aborde les effets de la destruction de requins en un lieu précis, et encore moins la question des attaques sur les humains. L’accent y était surtout mis sur la grande mobilité des squales, patrouillant aussi bien au large que près des plages, qu’ils affectionnent particulièrement lors des périodes de reproduction (de mars à août).

Réserve écornée

L’association locale ‘Vie océane’ critique vivement cet arrêté, faisant valoir que le préfet pouvait tout aussi bien faire déployer palangres verticales et horizontales a? l’extérieur de la réserve marine, également fréquentée par ces requins «mobiles». L’association s’étonne de l’absence «d’observateurs embarqués pour contrôler les prises accessoires ou le type d’appât utilise?». Elle redoute que demeure l’interdiction actuelle des activités de baignade et de surf dans les zones non autorisées, «quels que soient le nombre de requins pêchés et l’efficacité des palangres. (…) Qui prendra la responsabilité de dire que les populations de requins sont telles que le risque n’existe plus?». Et de plaider pour la pose de filets de protection et, surtout, pour la restauration des «équilibres écologiques naturels au sein des récifs coralliens», mis à mal par l’urbanisation littorale, l’imperméabilisation des sols et l’augmentation des rejets en mer d’eau douce chargée de nutriments et de polluants.

 

 

 

 



[1] Trois-bassins, Boucan-Canot et Cap la Houssaye.

[2] Charc: Connaissance de l’écologie et de l’habitat de deux espèces de requins côtiers sur la côte ouest de La Réunion

 



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