Retenues d’eau: le gouvernement veut rouvrir les vannes

Le 24 juillet 2019 par Stéphanie Senet
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Des retenues sous haute tension
Des retenues sous haute tension

Le ministre de l’agriculture a profité de la sécheresse sévère qui touche une grande partie du territoire, pour appeler de ses vœux une nouvelle proposition de loi sécurisant la création de retenues d’eau.

 

«La balle est dans votre camp». Tel est, en résumé, le message transmis le 23 juillet par Didier Guillaume aux sénateurs, alors qu’il était interrogé sur la sécheresse et ses conséquences pour les éleveurs. «A chaque nouveau projet de retenue, il y a d’abord un comité de défense avant même que le projet soit connu puis un recours au tribunal administratif dès qu’il est mis en place. Ce qui fait parfois sauter les décisions», a affirmé le ministre de l’agriculture. «L’agriculture sera résiliente si elle est irriguée, ou elle ne sera plus, et il y a un grand pan de l’agriculture qui disparaîtra. C’est la raison pour laquelle le gouvernement sera preneur d’une proposition de loi pour assurer le fait que nous puissions tenir». Applaudissements sur les bancs.

 

«On sort du dogmatisme»

Le message a été reçu cinq sur cinq par le président du Sénat Gérard Larcher (LR). «On sort du dogmatisme de la gestion de l’eau. Le ministre de l’agriculture prend le problème à bras le corps. Maintenant il faut que le gouvernement et le Parlement aient le courage de traiter cette question (...) sans doute différente d’il y a 30 ans», a déclaré l’élu des Yvelines. Le président du Sénat a ajouté que la chambre haute partageait depuis longtemps l’avis du ministre.

Et les agriculteurs ne vont pas lui donner tort. «Ce qui est sûr c’est que le ministre déclare à qui veut bien l’entendre qu’il va faciliter les choses. Nous sommes preneurs et nous verrons bien si la création de retenues collinaires est vraiment facilitée au plan administratif», a affirmé, ce 24 juillet, Régis Dubourg, directeur général de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) lors d’une conférence de presse.

 

Irrigation interdite

Sécheresse oblige, 73 départements ont restreint, ce 24 juillet, certains usages de l’eau. L’état de crise est par ailleurs décrété dans 26 départements, où l’eau ne peut plus être prélevée que pour des raisons sanitaires, d’alimentation en eau potable, de salubrité et de sécurité civile. Les autres prélèvements, y compris agricoles, y son interdits.

 

Projets de territoire en eaux troubles

Le 7 mai dernier, le ministre de l’agriculture a adressé une instruction aux préfets pour favoriser l’émergence de retenues d’eau dans le cadre de projets de territoire concertés. Une recommandation issue du rapport Bisch commandé au lendemain de la sécheresse historique de 2017.

La lutte contre le barrage de Sivens avait en effet révélé les failles de la participation du public en amont des projets de retenue. Selon les conclusions des Assises de l’eau, le gouvernement vise une cinquantaine de projets en 2022 et une centaine en 2027. En écartant le cœur du problème: quelle stratégie l’agriculture française doit-elle suivre pour s’adapter au réchauffement ?



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