Restaurer les cours d’eau pour atteindre les objectifs du Grenelle

Le 23 septembre 2011 par Célia Fontaine
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
L’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée et Corse (R-MC) a présenté le 22 septembre à Lyon les résultats de travaux menés par des chercheurs du Cemagref, du CNRS et de l’Onema[1] sur la restauration physique des cours d’eau.
 
Il n’y a pas que la pollution qui nuit à la qualité des rivières. Les transformations qu’elles peuvent subir du fait de l’homme compromettent leur bon équilibre.
 
Dans le bassin versant du Rhône, de la Saône et de leurs affluents (fleuves côtiers de la Méditerranée et Corse), les deux tiers des rivières sont abîmés: «pour 60% d’entre elles, leur régime hydrologique a été modifié. Pour 70%, des seuils ou des barrages en travers des rivières bloquent la circulation des poissons et des sédiments et vont jusqu’à provoquer des dégénérescences et des disparitions de poissons. Pour 70%, leur morphologie a été dénaturée (berges rectifiées et souvent rétrécies), ce qui aggrave les crues, creuse les lits de rivière et finit par déconnecter la rivière des nappes phréatiques et mettre en danger les bases des ponts», explique l’Agence dans un communiqué du 22 septembre.
 
Ces transformations, diagnostiquées à grande échelle par des images aériennes ou par satellite, compromettent la capacité de la vie à reprendre après une sécheresse ou une pollution. Elles diminuent également la capacité de la rivière à s’épurer, alertent les chercheurs.
 
En connaissant précisément les points les plus critiques des cours d’eau, il est plus facile ensuite de mettre en place des actions curatives beaucoup plus efficaces: opérations de renaturation, suppression d’obstacles, desserrement de digues par exemple.
Si l’Agence de l’eau finance également quelques opérations de restauration physique des cours d’eau, «le nombre d’opérations reste inférieur aux espérances», peut-on lire dans le communiqué. Elles ont atteint 32 millions d’euros en 2010 (soit 13% du budget d’aides de l’agence) contre 29 M€ en 2009. Les aides ont permis de financer par exemple la suppression ou l’aménagement de seuils dans les rivières pour libérer la circulation de la vie aquatique, le reméandrage de cours d’eau, la renaturation des bords de cours d’eau et d’anciens bras morts.
 
Pour rappel, le Grenelle de l’environnement a prévu d’atteindre 66% des cours d’eau en bon état en 2015. Il faut donc accélérer les opérations de restauration physique des cours d’eau pour remplir cet objectif, selon l’Agence R-MC. Les collectivités, les syndicats de rivières ou encore les propriétaires de rives, de seuils ou de barrages en rivière peuvent se porter maître d’ouvrage d’opérations de restauration et recevoir une aide de l’Agence pour cela (jusqu’à 80% d’aides pour des opérations remarquables).


[1] L'institut de recherche pour l'ingénierie de l'agriculture et de l'environnement, le Centre national de la recherche scientifique et l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus