Restaurants new-yorkais: une notation efficace, mais au goût amer

Le 14 mars 2012 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Le système de notation des restaurants new-yorkais selon leur hygiène aurait permis une baisse des intoxications alimentaires tout en relançant leur fréquentation, mais il est considéré comme trop lourd par leurs propriétaires.

Mis en place en juillet 2010 pour l’ensemble des 24.000 restaurants new-yorkais, ce système repose sur des signaux affichés en vitrine de l’établissement, portant la lettre A, B ou C selon le niveau d’hygiène. Le tout selon divers critères (stockage des aliments, état de la cuisine et du matériel, présence d’animaux nuisibles…), notés par points par un inspecteur [1].

Ce système aurait déjà porté ses fruits: entre 2010 et 2011, les cas de salmonellose ont chuté de 13,5% dans la ville, tandis que 72% des restaurants disposent désormais d’un A, contre 65% il y a un an, ont rapporté des responsables sanitaires de la ville lors d’une conférence de presse.

La fréquentation des restaurants s’en serait aussi ressentie, avec un bond de 9,3% en un an. «Pour les affaires, une cuisine propre semble aussi profitable qu’une atmosphère sans fumée depuis l’interdiction de la cigarette», s’est réjoui le maire de New York, Michael Bloomberg, cité par l’agence Associated Press.

Les restaurateurs ne semblent pas partager cette joie: selon une enquête menée par la municipalité auprès d’environ 1.300 d’entre eux, 65,9% jugent ce système peu satisfaisant (et même 58,9% chez les «A»), tandis que 68% affirment que les coûts de fonctionnement ont augmenté de manière significative.

Inspections trop fréquentes, résultats divergents d’un inspecteur à l’autre, amendes trop élevées,… autant de critiques qui pourraient inciter les responsables municipaux à réformer le système. Ces résultats «vont nous aider à recadrer notre travail pour s’assurer que le système d’inspection est juste», a ainsi affirmé la présidente du comité sanitaire de la ville, Maria del Carmen Arroyo.

Il s’agit de sortir d’«un modèle punitif» pour le transformer en «un système de sécurité centré sur la formation et l’apprentissage», estime un porte-parole de la branche new-yorkaise de la National Restaurant Association, Andrew Rigie. Selon lui, la ville aurait perçu 40 millions de dollars (30,72 millions d'euros) d’amendes depuis la mise en place de la notation.

 [1] Un «A» (entre 0 et 13 points) donne lieu à une inspection tous les ans, un «B» (entre 14 et 27 points) à une réinspection 5 à 7 mois plus tard, un «C» (28 points ou plus) à une réinspection dans les 3 à 5 mois. Le tout avec de possibles amendes à la clé.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus