Ressources: l’Europe met la pression

Le 21 novembre 2013 par Stéphanie Senet
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La diversité des cultures se réduit fortement en Europe
La diversité des cultures se réduit fortement en Europe

Alors que l’UE vient officiellement de fixer le nouveau cap de sa politique environnementale à l’horizon 2020, l’Agence européenne de l’environnement (AEE) publie ses indicateurs 2013. Si la pression sur les ressources en eau et en énergie tend à diminuer, l’étalement urbain et l’agriculture intensive s’emballent. Ce qui nuit autant à la santé qu’à la biodiversité.

C’est la deuxième fois que l’agence européenne publie ses indicateurs environnementaux annuels (1). Un exercice ardu mais indispensable pour évaluer l‘efficacité de la politique environnementale communautaire. Après s’être focalisée l’an dernier sur le lien entre l’utilisation des ressources et les écosystèmes, elle s’est intéressée cette fois-ci à leur impact sur la santé et le bien-être des 500 millions d’Européens. Son rapport étudie ainsi l’évolution de la demande en eau, en énergie, en alimentation et en logement des citoyens.

 

Cet opus de 150 pages comporte sa part de bonnes nouvelles. Ainsi, les indicateurs 2013 montrent que l’impact environnemental de l’alimentation baisse globalement. Les prélèvements en eau ont en effet diminué depuis 1990, grâce à une réduction de l’irrigation (surtout en Europe occidentale) et de la consommation de l’industrie (10% en Europe occidentale, 40% en Europe du Sud). Des disparités régionales existent toutefois. Le stress hydrique reste majeur en Europe du Sud (en particulier en Espagne, Italie, Malte et Chypre), où les besoins des foyers se sont accrus de 12% en 20 ans. Et avec le réchauffement, la soif devrait frapper de plus belle.

 

La qualité de l’eau laisse toujours à désirer: moins de la moitié des eaux européennes sont en bon état écologique. «Les régions d’agriculture intensive, situées en Europe occidentale, montrent des taux encore très élevés de nitrates et de pesticides. Les Etats doivent absolument viser le bon état des masses d’eau d’ici 2015, comme l’exige la directive-cadre sur l’eau», rappellent les auteurs.

 

Le secteur énergétique réduit sa pression

 

C’est au chapitre énergétique que les meilleurs résultats sont enregistrés. Tous les indicateurs montrent une réduction de la pression sur l’environnement: efficacité énergétique en hausse, développement des énergies renouvelables et émissions de CO2 en baisse. La consommation d’énergie finale a notamment diminué de 5,2% entre 2008 et 2009.

 

En moyenne, les niveaux d’exposition aux polluants atmosphériques ont eux aussi tendance à régresser, mais restent très préoccupants dans les zones urbaines, surtout si l’on se réfère aux valeurs-guides de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Si rien n’est fait pour réduire ces émissions, la santé des Européens va encore s’aggraver, en raison du vieillissement de la population et du développement de l’urbanisation, alerte l’agence.

 

L’agriculture a besoin d’un «changement fondamental»

 

Sur le plan alimentaire, le tableau s’avère plus sombre. Malgré une demande de nourriture et une consommation de viande stables, l’Europe perd en diversité des cultures, et voit le système agricole intensif poursuivre son essor, à l’encontre de la santé humaine et de la protection de la biodiversité.

 

Pour réduire l’impact de l’agriculture, le rapport de l’AEE note que la réforme de la politique agricole commune (PAC), définitivement adoptée le 20 novembre par le Parlement européen (voir JDLE), ne sera pas suffisante. Elle préconise au contraire «un changement fondamental vers des approches plus écologiques pour réduire les intrants chimiques, la consommation d’eau et d’énergie, ainsi que la production de déchets liés au secteur».

 

Un indicateur montre par exemple que la consommation d’engrais dépasse les 100 kilogrammes à l’hectare en Allemagne, Belgique, Irlande, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas et Pologne. Un autre révèle que des résidus de pesticides ont été trouvés au sein de 77.000 échantillons de produits alimentaires en 2010 (2).

 

Logement: les Etats doivent agir

 

De leurs côtés, les logements sont responsables de la plus grande part de l’empreinte environnementale des ménages. Ils représentent en effet plus d’un tiers des émissions domestiques de gaz à effet de serre.

 

Si l’approvisionnement en eau, en énergie et en matériaux est soumis aux règles de la concurrence, l’agence rappelle que des leviers existent. «Les gouvernements doivent corriger les tendances du marché, destructrices de la santé et des écosystèmes, en introduisant une fiscalité environnementale, en réglementant les émissions de CO2 et en développant les énergies renouvelables.»

 

Elle insiste enfin sur une nécessaire évolution de la politique d’aménagement pour réduire la pression sur les ressources, sur les terres, et sur la santé des Européens. «Les pouvoirs publics ont la possibilité de réglementer les matériaux utilisés dans les logements, de réguler l’expansion des villes ou d’encourager l’accès aux espaces verts», conclut-elle.

 

(1)146 indicateurs regroupés au sein de 12 thèmes: agriculture, pollution de l’air, biodiversité, changement climatique, énergie, transports, déchets, eau, consommation, terres, pêche, certification environnementale

 

(2)Selon l’Agence européenne de sécurité alimentaire (Efsa)

 

 

 



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