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Respiralyon a du flair

Le 24 août 2006 par Agnès Ginestet
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Respiralyon2
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Depuis 2003, le Secrétariat permanent pour la prévention des pollutions industrielles et des risques dans l'agglomération lyonnaise (Spiral) a instauré un dispositif de chasse aux mauvaises odeurs. Un moyen efficace de faire collaborer la population, les services de l'Etat et les industriels dans la lutte contre les pollutions olfactives.

Hydrocarbures et vanille, oeuf pourri et patate chaude: à Lyon, tous les styles d'odeur sont traqués. Dans le cadre de Respiralyon, les citoyens sont en effet invités à signaler les odeurs qui les indisposent. De plus, des «nez», bénévoles volontaires, hument l'air chaque jour et contribuent ainsi à établir une cartographie des odeurs lyonnaises. Les remarques sont recueillies et analysées par le Comité pour le contrôle de la pollution atmosphérique dans le Rhône et la région lyonnaise (Coparly).

Mais remonter à la source n'est pas si simple, surtout dans une agglomération comme Lyon où les entreprises se concentrent le long des couloirs du Rhône et de la Saône, exposés à des vents de nord et de sud. «Le problème, c'est que les odeurs se mélangent et que certains produits ont une odeur différente selon qu'ils sont présents à forte ou à faible concentration», explique Gérard Berne, secrétaire général du Spiral. Malgré tout, le projet Respiralyon progresse. Sur les 200 mailles (zones géographiques précises) prévues au départ, 140 fournissent des données. «Nous couvrons l'essentiel de l'agglomération directement concernée par les odeurs», précise Gérard Berne.

Lorsque les industriels sont mis en cause, il leur est demandé d'expliquer l'origine de la pollution (incident technique, pollution diffuse…). «Les principaux industriels concernés par les pollutions olfactives sont pour l'instant très coopératifs», ajoute Gérard Berne. La chimie et la pétrochimie, sources les plus fréquentes de nuisances olfactives, financent d'ailleurs en partie Respiralyon qui est issu d'un partenariat entre les services de l'Etat, dont Spiral, le Grand Lyon et les collectivités territoriales, les associations et les industriels.

Sur le plan technique, le Spiral mène une recherche en collaboration avec l'Ecole des mines de Douai, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), et le Secrétariat permanent pour la prévention des pollutions industrielles (SPPPI) de Dunkerque. Le but étant de mettre au point une méthodologie de prélèvement et d'analyse pour repérer toutes les molécules odorantes lors d'un épisode olfactif important. Les odeurs sont difficiles à mesurer car certains composés, les soufrés par exemple, sont présents à des concentrations très faibles.

Finalement, le réseau de nez et les signalements des citoyens lyonnais ont permis de déterminer un classement des odeurs les plus senties, présenté dans le bilan 2004-2005 de Respiralyon. Dans l'ordre, on retrouve les odeurs de gaz d'échappement (19%), de chimie (9%), d'ammoniac (7%), de déchets ménagers (5%), de gasoil et d'essence (5%)… Trois familles d'odeurs ont pu être constituées: hydrocarbures, chimiques et soufrées. Elles correspondent bien au cadre de l'agglomération lyonnaise constitué notamment par des industries chimiques et parachimiques, des stations d'épuration et des routes très empruntées. Lyon ne sera pas désodorisée de sitôt, mais habitants et industriels feront peut-être meilleur ménage d'ici quelques années.




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