Résidus de médicaments: les plantes aussi affectées?

Le 08 décembre 2014 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Quand les plantes absorbent les médicaments
Quand les plantes absorbent les médicaments
DR

Les résidus de médicaments ne perturberaient pas que la faune aquatique. Présents dans l’eau, les anti-inflammatoires agiraient aussi sur les plantes, avec des effets variables d’une espèce à l’autre, révèle une étude britannique publiée dans la revue Ecotoxicity and Environmental Safety.

Présents en faibles quantités dans l’eau douce, les résidus de médicaments commencent à faire sentir leurs effets sur la faune. En particulier sur les poissons, chez lesquels on observe des altérations sexuelles et comportementales. Quant à leur impact sur les végétaux, notamment les cultures fertilisées avec des boues d’épandage ou irriguées avec des eaux usées, il demeure très peu connu.

Menée par Wiebke Schmidt et Clare Redshaw, du Centre européen de santé humaine et environnementale de l’université d’Exeter, une nouvelle étude révèle que certains anti-inflammatoires très utilisés, tels que l’ibuprofène et le diclofénac, auraient bien un effet sur la croissance et le métabolisme de la plante.

Selon leurs tests, l’effet serait variable selon l’espèce et selon la molécule utilisée. Les composés de la classe des acides phénamiques accroîtraient ainsi la croissance racinaire du radis adulte, aussi bien en termes de longueur que de teneur en eau. Quant à l’ibuprofène, il favorise, chez la laitue, la croissance de la racine primaire, la première à émerger de la graine germée. A l’inverse, le radis traité au diclofénac présente un moindre rapport racines/tiges que des plants contrôles.

Une contamination croissante

«Les quantités énormes de produits pharmaceutiques que nous utilisons finissent dans la nature, et pourtant nous savons très peu de choses quant à leurs effets sur la faune et sur la flore. Alors que la population vieillit et que les médicaments génériques devient plus accessibles, cette consommation va augmenter, et il est essentiel de limiter cette contamination environnementale», juge Clare Redshaw dans un communiqué de l’université d’Exeter.

Quant au risque pour la consommation humaine, il semble a priori négligeable, au regard des très faibles doses ingérées, l’équivalent d’un comprimé par an selon une récente étude américaine. Mais des incertitudes demeurent quant à la carbamazépine, antiépileptique qui constitue le résidu de médicament le plus souvent retrouvé dans l’eau, et lié à des malformations congénitales (voir le JDLE).



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus