Résidus de médicaments: les incertitudes demeurent

Le 09 septembre 2016 par Romain Loury
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Premiers résultats rassurants
Premiers résultats rassurants

La présence de résidus de médicaments dans l’eau du robinet ne semble pas poser de problème pour la santé humaine, selon des résultats présentés vendredi 9 septembre à la première conférence internationale sur les risques liés aux résidus de médicaments dans l’environnement, qui s’est achevée vendredi 9 septembre à Paris. Des résultats certes rassurants, mais qui recèlent de nombreuses incertitudes quant à l’exposition sur le long terme.

Faut-il s’inquiéter de la présence de résidus de médicaments dans nos eaux de boisson? Posée en 2006 par la direction générale de la santé (DGS), la question est encore loin d’être tranchée. Toutefois, les quelques résultats obtenus à ce jour par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et de la santé (Anses) semblent aller dans le bon sens.

Dans le cadre d’un plan national sur les résidus de médicaments dans les eaux (PNRM), auquel vient de succéder un plan micropolluants 2016-21, l’agence publiait en mai 2013 une méthode d’évaluation des risques sanitaires, comparant l’exposition de la population à une valeur guide déterminée selon des critères toxicologiques. Appelée «marge de sécurité», le quotient valeur-guide/exposition permet d’affirmer si le risque est négligeable (au-dessus de 1) ou s’il est significatif (en-dessous de 1).

Six molécules analysées à ce jour

Portant sur l’antiépileptique carbamazépine et la danofloxacine, antibiotique utilisé en médecine vétérinaire, les premiers résultats publiés en 2013 avaient conclu à un risque négligeable, avec des marges de sécurité de respectivement 825 et 561. Or de nouveaux résultats présentés vendredi par Pascale Panetier, directrice de l’unité d’évaluation des risques liés à l’eau de l’Anses, montrent qu’il en est de même avec d’autres molécules.

Pour l’anti-inflammatoire ibuprofène, la marge de sécurité s’élève ainsi à 3300. Elle est de 75 pour le kétoprofène, également un anti-inflammatoire, de 33.350 et de 75 pour deux autres antibiotiques à usage vétérinaire, la tylosine et le florfénicol. Conclusion: pour les 6 molécules analysées à ce jour par l’Anses, «on n’observe pas de risque pour la santé dans l’eau du robinet», a conclu Pascale Panetier.

De nombreuses inconnues

Si le constat peut paraître rassurant, il demeure entaché de nombreuses incertitudes. Notamment en raison d’un manque de connaissance quant à la toxicité des métabolites, parfois plus présents dans l’eau que la substance active originelle. Mais aussi parce que les experts disposent de peu de données quant à la toxicité chronique des substances actives: dans son rapport de 2013, l’Anses indiquait qu’elles étaient «soit inexistantes, soit inaccessibles» -notamment en raison du secret industriel.

Dès lors, difficile de s’assurer «des implications à long terme, du fait que l’exposition à des faibles doses n’est pas vraiment comprise», juge Alistair Boxall, expert en sciences de l’environnement à l’université de York (Royaume-Uni).

Comme l’Anses, ce scientifique britannique juge qu’il n’y a pas probablement pas de risque pour la santé humaine. C’est en revanche loin d’être le cas pour les rivières, dont la pollution par les résidus de médicaments constitue une grave menace. Selon des données qu’il a présentées vendredi, 45% des rivières britanniques présentent des taux d’ibuprofène perturbant l’éclosion des œufs de poisson.



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