Réseaux de chaleur: une rentabilité relative

Le 10 janvier 2017 par Marine Jobert
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Un schéma de réseaux de chaleur.
Un schéma de réseaux de chaleur.
Ademe

Le Commissariat général au développement durable (CGDD) a tenté, sans la chiffrer, d’évaluer la rentabilité des réseaux de chaleur alimentés au bois par rapport à 6 autres modes de chauffage. L’investissement initial et la pollution que génère le bois-énergie plombent cette rentabilité.

Quelle est la rentabilité des réseaux chaleur alimentés en bois par rapport aux modes de chauffage conventionnels[1]? C’est la question posée par un rapport publié par le CGDD, alors que les réseaux de chaleur assuraient en 2013 environ 6% des besoins nationaux (contre 60% au Danemark ou 50% en Pologne) et que la loi de transition énergétique pour la croissance verte prévoit de multiplier par 5 la quantité de chaleur et de froid renouvelables et de récupération livrée par les réseaux de chaleur et de froid à l’horizon 2030.

Investissement initial important

Alors que 8 millions de logements ‘équivalent 70 mètres carrés’ pourraient être raccordés d’ici 2030, il est nécessaire de poser cette question de la rentabilité dès maintenant, puisque les réseaux de chaleur nécessitent un investissement initial très important, ce qui demande d’avoir une vision à court et long terme du projet de création ou d’extension (taux de raccordement au réseau, évolution des besoins des bâtiments, évolution de l’urbanisation, etc.). Plusieurs études ont été menées sur les coûts économiques et écologiques des réseaux de chaleur. Amorce estime qu’il s’agit du mode de chauffage le plus compétitif pour l’usager et le Cerema[2] Ouest considère que le réseau de chaleur bois reste, avec le bois industriel, la solution la plus vertueuse en termes de gaz à effet de serre.

Calcul sans les incitations fiscales

Pour chaque mode de chauffage, le CGDD a distingué les coûts fixes d’investissement, les coûts variables de consommation énergétique et d’exploitation, mais aussi le coût des externalités environnementales. Le tout est calculé sans tenir compte des mesures fiscales incitatives. L’objectif n’est pas de réaliser une étude d’opportunité ou de faisabilité pour un projet précis ou de faire des comparaisons fines et exhaustives entre les différents modes de chauffage dans un contexte donné, prévient le CGDD. Ce rapport ambitionne de présenter les principaux flux financiers correspondant à chaque mode de chauffage, d’illustrer l’importance de réaliser des études coûts-bénéfices en coût global, et de détailler la répartition des différents coûts (distribution/production, fixe/variable, etc.) dans le coût global.

PM et NOx

Même avec des réseaux de chaleur d’une puissance forte dans une zone de forte densité, le gaz (collectif surtout) et l’électricité restent plus compétitifs. La faute au coût élevé à investir pour leur création, qui rend ces réseaux également plus sensibles aux variations de taux d’intérêt. A l’inverse, ils sont moins sensibles à la variation du prix des énergies qu’ils emploient du fait de la plus faible part de la composante énergie dans le coût total de la chaleur. Une simple extension les fait passer en tête. En cas de diminution de la consommation énergétique d’un quartier desservi par un réseau de chaleur, sa compétitivité passera nécessairement par la conquête de nouveaux utilisateurs. Enfin, le CGDD espère que «l’impact favorable des réseaux de chaleur au bois en matière de climat et la maîtrise des émissions de polluants de l’air» amélioreront «sensiblement leur rentabilité économique future dans un contexte de hausse de la valorisation monétaire des externalités environnementales». Pour l’heure, le compte n’y est pas, même en raisonnant à partir d’une production durable de bois qui permettrait une émission nulle de CO2: parmi les externalités négatives, celles liées à la pollution locale causée par la production d’énergie, à savoir les NOx et les particules (PM 2.5 et PM10), sont les plus coûteuses (voir tableau).



[1] L’électricité individuelle, le gaz individuel ou collectif, la pompe à chaleur, le fioul individuel et le bois individuel.

[2] Cerema: Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement

 



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