Requin: l’Etat ne montre pas le bon chemin

Le 02 août 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Un requin bouledogue dans les eaux réunionnaises
Un requin bouledogue dans les eaux réunionnaises

Dans l’affaire des requins de la Réunion, la démagogie prend le pas sur l’Etat de droit. Depuis un peu plus d’un an, l’île connaît une recrudescence d’attaques de requin, menées, semble-t-il, par des requins tigres (Galeocerdo cuvier) et des requins bouledogues (Carcharhinus leucas), deux espèces de squales pélagiques et macrophages.

Au total, 7 personnes ont fait l’objet, depuis janvier 2011, de graves morsures dans les eaux de l’ancienne île Bourbon, dont 3 sont décédées.

Pour déterminer les causes de cette recrudescence d’attaques (incursion d’espèces pélagiques à proximité des plages ou changement de comportement de l’homme?), l’Institut de recherche pour le développement a lancé, en octobre dernier, le programme Charc (Connaissance de l’écologie et de l’habitat de deux espèces de requins côtiers sur la côte ouest de la Réunion), dont les conclusions doivent être publiées dans le courant de 2014.

Un délai trop long au goût de certains élus locaux. Suite au décès d’un surfer, le 23 juillet, Thierry Robert, député-maire de Saint-Leu, a pris un arrêté municipal autorisant la destruction des requins bouledogues sur le territoire de la commune

Un texte manifestement illégal puisque autorisant la pêche dans une zone de protection intégrale d’une réserve marine. Alors que la préfecture s’apprêtait à déposer un recours devant le tribunal administratif pour obtenir son annulation, le gouvernement apporte un curieux soutien à l’édile réunionnais.

Reçu le 31 juillet à Paris par le ministre des Outre-mer, Thierry Robert a obtenu plusieurs concessions de l’Etat, en échange de l’abrogation de son arrêté.

Selon le Journal de l’île de la Réunion, Paris autoriserait la pêche aux requins dans la réserve, sauf dans les zones de protection intégrale. Un arrêté préfectoral devrait être pris tout prochainement. Des crédits seraient également débloqués pour «réévaluer le risque ciguaterrique», ceci afin de permettre une commercialisation de la viande de squale. La viande de requin bouledogue est impropre à la consommation en raison de sa contamination fréquente par Gambierdiscus toxicus, la micro-algue à l’origine de la ciguatera.

Le ministre Victorin Luren se serait aussi engagé à revoir le périmètre de la réserve.

Des décisions qui scandalisent scientifiques et environnementalistes. De nouveaux recours, visant cette fois l’arrêté préfectoral, sont donc à prévoir.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus