Requiem pour l’EPR américain

Le 11 octobre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les mauvaises nouvelles américaines se succèdent pour les promoteurs américains du réacteur européen. Vendredi 8 octobre, Constellation Energy, le partenaire d’EDF, a indiqué au Secrétariat à l’énergie qu’il renonçait à construire le réacteur prévu sur son site de Calvert Cliff. Motif invoqué dans le communiqué de l’électricien de Baltimore : le coût de la garantie fédérale pour emprunter de quoi financer le réacteur.

 

Selon des sources proches du dossier, le coût de cette garantie s’élèverait à plus de 11 % du montant total de la facture d’un EPR. Inacceptable pour Constellation qui, en toute logique, se retire du projet. Problème : la compagnie du Maryland ne semble pas avoir mis dans la confidence EDF, qui possède pourtant la moitié des actifs nucléaires de son partenaire. Samedi, l’énergéticien français s’est dit « extrêmement surpris et consterné » par la décision unilatérale de Constellation.

 

Cet épisode intervient alors que les deux groupes sont déjà au bord de la rupture. Constellation cherchant à obliger EDF à racheter, avant la fin de l’année, certaines de ses centrales thermiques. Si certains observateurs évoquent un repli tactique de Constellation pour obtenir de meilleures aides fédérales, d’autres commencent à évoquer un nouvel échec de l’industrie nucléaire française, moins d’un an après le désastre survenu aux Emirats Arabes Unis. Un échec qui aura des répercussions durables, et pas seulement pour l’opérateur historique français.

 

Lancée par son ancien président Pierre Gadonneix, l’aventure américaine a déjà coûté à EDF plus de 5 milliards de dollars (3,58 milliards d’euros). Et cela n’est pas fini. Concepteur et constructeur de l’EPR, Areva pourrait souffrir d’une telle mésaventure, alors que l’industriel français poursuit, avec Northrop Grumman, la construction d’une fonderie d’éléments lourds (cuve de réacteur) à Newport News, en Virginie. Un investissement de 360 millions $ (258,37 millions €). Alsthom Power, qui vient d’inaugurer une usine de turbines à Chattanooga (Tennessee) ne voit pas non plus d’un bon œil l’arrêt annoncé de Calvert Cliff 3.



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