Reprise de Petroplus à Petit-Couronne: c’est la dépollution qui dérange

Le 22 mai 2012 par Geneviève De Lacour
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La raffinerie Petroplus à Petit-Couronne près de Rouen
La raffinerie Petroplus à Petit-Couronne près de Rouen

Le coût de dépollution du site de raffinage Petroplus de Petit-Couronne (Seine-Maritime), serait estimé à 160 millions d'euros. Une somme exorbitante qui pourrait bloquer la reprise de la raffinerie.

La législation française impose en effet au dernier exploitant d’un site industriel de prendre en charge l'ensemble des coûts de dépollution du site en cas d'arrêt de l'activité.

D'après des professionnels cités par l'intersyndicale, au coût de la dépollution des sols de la raffinerie, construite en 1929, s'ajoutent 40 M€ pour le nettoyage des installations.

La direction de Petroplus a demandé au bureau d’études Antéa, spécialisé dans les sites et sols pollués, de procéder à un audit environnemental afin de fixer plus précisément le coût du chantier. Cela pourrait d’ailleurs entraîner un nouveau report de la date limite des offres de reprise, fixée au vendredi 25 mai. Cinq repreneurs sont déjà pressentis. «Mais la situation devient pressante», explique Yvon Scornet, porte-parole CGT de l'intersyndicale.

 «Nous ne serons pas vendables si un repreneur doit prendre le risque de faire face à une dette environnementale de 160 M€», résume le syndicaliste.

Une éventuelle aide financière de l'Etat risquerait de susciter un veto des autorités européennes.

Au lendemain d'une rencontre entre les syndicats de Petroplus et Arnaud Montebourg, le tout nouveau ministre du redressement productif, ce dernier a indiqué vouloir «ouvrir des discussions tous azimuts» avec les dirigeants des entreprises qui menacent de fermer des sites en France. Mais il «se peut que nous encaissions des échecs», a-t-il reconnu.

Et le délégué syndical CGT d’expliquer: «Il faut déterminer ce qu’on va faire de la dette environnementale car il va bien falloir trouver une solution. Si l’usine ferme, la dette est exigible dès maintenant. Si l’activité continue, son paiement est repoussé. On ne peut pas exiger du repreneur qu’il prenne la responsabilité de 80 ans de pollution au moment où il arrive».

«La solution serait que l’Etat gèle cette dette environnementale, quitte à se retourner vers l’exploitant historique. Sinon cela va faire fuir tous les possibles repreneurs!», conclut Yvon Scornet.

 



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