Réouverture d’une mine d’amiante au Québec : le veto des ONG

Le 09 décembre 2010 par Sabine Casalonga
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L'Association nationale de défense des victimes de l’amiante (Andeva) et le Comité anti-amiante Jussieu manifesteront ce jeudi 9 décembre devant le siège de la délégation générale du Québec à Paris, pour protester contre la sauvegarde de l'industrie minière de l'amiante.

Alors que l’amiante est interdite sur son territoire, le Canada reste un des principaux exportateurs mondiaux de ce matériau cancérigène, principalement vers les pays d'Asie (Chine, Inde, Indonésie) où les mesures de précaution pour les travailleurs sont rares.

La seule mine encore en activité, la mine Jeffrey dans la province de Québec, a été placée sous la protection de la loi canadienne contre les faillites depuis plusieurs années, note l’Andeva dans son communiqué du 9 décembre.

Or un projet de vente de cette mine à un consortium d'investisseurs serait en cours de finalisation pour un montant de 15 millions de dollars (11,38 millions d’euros), vente conditionnée à un prêt de 58 millions $ (44,03 millions €) du gouvernement du Québec. Ce que dénoncent les ONG. « Le gouvernement québécois est aujourd’hui à une croisée des chemins : il peut décider soit d’arrêter les exportations d’amiante et organiser la reconversion, soit de financer (à la charge des contribuables) la relance de la mine Jeffrey », déclarent-elles.

De nombreuses voix se sont déjà élevées contre ce projet, comme l'association canadienne des médecins, la société canadienne du cancer et l'association canadienne de santé publique, rapporte l’Andeva. Ce jeudi, une délégation de syndicalistes et victimes de l'amiante venue d’Asie a demandé à être reçue par le premier ministre du Québec, Jean Charest, tandis que des manifestations sont organisées à Londres en parallèle de celle de Paris.

Dans un éditorial du 9 décembre de la revue médicale The Lancet, l’auteur critique « l’hypocrisie du Canada » qui, tout en protégeant ses citoyens, projette de poursuivre ses exportations d’amiante dans les pays en développement. Il rappelle qu’environ 125 millions de travailleurs sont encore exposés à cette substance et que plus de 107.000 personnes meurent chaque année d’un cancer ou d’une pathologie liée à l’amiante, selon les estimations de l’OMS.

 



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