Réorienter la recherche climatique?

Le 07 juillet 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Affiner la connaissance du cycle du carbone.
Affiner la connaissance du cycle du carbone.

Quelles réponses la science doit-elle apporter à l'Accord de Paris? Un article de 9 climatologues français dresse un premier inventaire.

Six mois avant l’ouverture de la COP21, Ségolène Royal compose un petit groupe de climatologues. But assigné à l’aréopage : passer au crible les contributions nationales (les INDC) publiées par les parties à la convention climat pour affuter les arguments aux négociateurs français.

Conjugué à la quinzaine de tractations du sommet climat du Bourget, cet exercice a aussi fait phosphorer les chercheurs. «Nous nous sommes rendus compte que nous ne pouvions répondre à certaines questions des politiques, telle la régionalisation des conséquences du changement climatique», souligne Olivier Boucher (LMD, IPSL). Pas simple, non plus, de donner aux chefs d’Etats ou de gouvernement un mode d’emploi permettant de stabiliser à 1,5 °C le réchauffement.

étudier toutes les solutions

Dans la foulée de la COP, les «experts» ont poursuivi leurs travaux, dont ils livrent la synthèse dans un article publié, en début de semaine, dans les Comptes-rendus de l’académie des sciences américaine (PNAS).

S’adressant, à la fois à leurs pairs et à leurs tutelles, les 9 co-signataires pointent les sujets qui doivent, selon eux, être approfondis. «Pour bâtir les stratégies cohérentes avec les objectifs fixés, nous devons, par exemple, étudier le potentiel de toutes les solutions techniques et regarder leur dynamique dans le temps», poursuit Olivier Boucher, l’un des rédacteurs.

Affiner les inventaires

Autre exemple: l’évaluation des émissions de gaz à effet de serre (GES) nationales. Alors que l’accord de Paris impose des rendez-vous réguliers aux pays, on peine toujours à évaluer avec précisions les rejets de GES. Difficile, en pareil cas, d’évaluer aussi les résultats des politiques mises en œuvre: «La Chine est incapable de donner des chiffres précis. De même, l’impact climatique du changement d’affectation des sols reste des plus flous», concède Olivier Boucher. Gênant, si l’on garde en tête que de nombreux pays (Brésil, Russie, Gabon) misent beaucoup sur la reforestation pour réduire leur empreinte carbone.

lever les barrières

Rappelant aussi que l’on emportera la lutte contre le réchauffement qu’aux prix de mutations sociétales, les signataires du papier appellent aussi à donner un coup de pouce aux sciences molles (sciences sociales, économie) «pour lever toutes les barrières à l’atténuation et à l’adaptation.»

Bon connaisseur des classes politique et médiatique, Hervé Le Treut poursuit: «nous ne gagnerons pas sans une adhésion du plus grand nombre. Cela implique que la communauté scientifique envoie des signaux qui soient parfaitement compréhensibles, tant par le milieu politique que par le grand public», conclut le directeur de l'Institut Pierre-Simon Laplace. Une sentence qui sonne comme un programme, à quelques semaines de l’ouverture de la campagne présidentielle.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus