Renouvelables: vers un avenir meilleur

Le 07 juin 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Même cher, le solaire à concentration a ses chances.
Même cher, le solaire à concentration a ses chances.

Créée en 2009, l’agence internationale des énergies renouvelables (Irena) s’est toujours montrée d’une remarquable discrétion. Ce qui est bien dommage, car à l’instar de celles de sa grande sœur l’AIE, ses publications sont d’un intérêt certain. Basée à Abou Dhabi, l’organisation vient, en effet, de publier 5 études sur le coût (d’installation, de maintenance et de production) des sources d’énergie renouvelable. Un sujet terriblement d’actualité au vu des coupes sombres pratiquées, ces derniers mois, par les gouvernements européens.

Pour le photovoltaïque, l’avenir économique est, a priori, au beau fixe. Le coût de production des cellules avoisine désormais le dollar par watt. Ces deux dernières années, souligne l’organisation internationale, les prix des panneaux ont chuté, en moyenne, de 45%. Cette tendance rend l’électricité d’origine solaire compétitive avec les moyens de production traditionnels dans certains contextes électriques. Ces 12 dernières années, les capacités photovoltaïques mondiales ont progressé, en moyenne, de 44% par an. Fin 2011, 67,4 gigawatts crête (GWc) (pour une production de 118 térawattheures par an -TWh/an) étaient mis en service, soit 37 fois la puissance installée au début du siècle. Et les perspectives sont plutôt bonnes. «Chaque fois que la capacité installée double, les coûts de production des modules baissent de 20 à 22%», rappelle l’Irena. Selon ses analystes, cette étape devrait être franchie en 2015.

Le taux de croissance de l’éolien est moindre que celui du PV, mais reste respectable. Entre 2000 et 2011, la capacité installée a progressé, en moyenne, de 27% par an. A la fin de l’année passée, le parc mondial atteignait 238 GW, dont 62 GW en Chine. Contrairement à celle du solaire, l’évolution du coût de l’éolien est plutôt en dents de scie. En cause: la hausse du prix des matières premières (l’acier et le cuivre notamment), le développement de l’offshore (très coûteux) et l’accroissement de la taille des machines. Aujourd’hui, le coût de mise en service d’une turbine à terre tourne autour de 1.400 dollars le kilowatt installé, contre 1.100 dollars en 2003 (1.115 contre 875,6 euros). A l’époque, la puissance initiale des moulins était inférieure à 2 mégawatts (MW): 50% de moins qu’aujourd’hui. Avec l’arrivée de machines de grandes puissance (7,5 MW unitaire et plus), les coûts devraient baisser de 10 à 15% d’ici 2020. Du fait, notamment, qu’il faudrait installer un moins grand nombre de machines pour le même productible. Là encore, l’optimisme règne chez les développeurs. Citant les chiffres du conseil mondial de l’énergie éolienne (GWEC) et de l’association mondiale de l’énergie éolienne (WWEA), l’Irena estime que le parc éolien mondial devrait osciller entre 460 et 600 GW en 2015.

L’analyse du marché de la valorisation de la biomasse est plus difficile, tant les technologies et les usages diffèrent. Peu de choses en commun entre la production d’électricité par combustion du bois, la valorisation du biogaz de décharge ou la production d’agrocarburants. Si l’on se concentre sur la production d’électricité, les chiffres s’annoncent, là encore, prometteurs. L’Irena évalue la capacité de centrales au bois ou bagasse, autour d’une soixantaine de GW. Toutefois, une dizaine de GW supplémentaires pourraient être mis en service d’ici la fin de l’année prochaine. Sans compter les centrales thermiques classiques qui recourent à la co-incinération. Ce qui permet de réduire la consommation de combustibles fossiles (charbon ou gaz) et donc les émissions de CO2. Et si les prix du gaz carbonique le veulent, l’Irena estime que la capacité totale d’installations valorisant la biomasse pourrait atteindre 270 GW d’ici 2030.

Souvent oubliée dans les revues de presse traitant d’ENR, l’hydroélectricité reste, de loin, la première source de production d’énergie renouvelable. Tous pays confondus, la capacité des barrages et des centrales au fil de l’eau flirte avec les 1.000 GW (près de 10 fois la totalité du parc électrique français). En 2009, les 11.000 installations recensées par la commission mondiale des barrages ont produit 3.330 TWh, soit 16% de l’électricité mondiale. Mais le potentiel s’élève à près de 16.000 TWh. Ceci s’explique par le grand nombre de sites qui peuvent être équipés en Asie, en Russie et en Amérique latine. Pour des coûts qui varient du simple à l’octuple (de 1.000 à 8.000 $/kW -796 à 6.368 €/kW), selon la forme de l’ouvrage et la nature du site. Autant pour des questions financières que d’acceptation sociale, tous ne le seront pas. Dans son rapport spécial sur les énergies renouvelables [JDLE], le Giec[1] table sur une augmentation du productible «hydro» de 35%, entre 2005 et 2030. Cette seule hausse représenterait tout de même l’équivalent de deux années de production française d’électricité.

Comme l’hydroélectricité, le «solaire à concentration» est très gourmand en capitaux. Selon les technologies et les systèmes de stockage de la chaleur, le coût de l’installation des centrales solaires thermodynamiques varie de 4.600 à 10.500 dollars/kW. Technologie testée dès la fin de la Seconde guerre mondiale (dans les Pyrénées, notamment), le solaire thermodynamique revient de loin. Les premières centrales de puissance ont été mises en œuvre dans les années 1980, notamment en Californie. Après avoir été quasiment oubliée pendant une quinzaine d’années, cette technologie commence à faire en retour en force. Au Nevada et en Espagne, des électriciens ont déployé des unités de plusieurs dizaines de MW. Et au vu des projets en développement, plusieurs dizaines de GW pourraient être construits dans les prochaines années. Avec l’arrivée de nouvelles technologies et l’effet d’échelle, les coûts pourraient diminuer de 12 à 20% au cours des prochaines années. Ce qui pourrait susciter de nouvelles vocations.

Et rapidement si possible. Dans son rapport sur les énergies renouvelables, le Giec rappelle que ces énergies «vertes» fournissent 13% de l’énergie primaire mondiale, contre 2% pour le nucléaire et 85% pour les fossiles. Si les politiques publiques s’en mêlent correctement, poursuit l’institution onusienne, «près de 80% de l’approvisionnement énergétique mondial pourrait être couvert par les énergies renouvelables à l’horizon 2050». Encore un effort, camarades.



[1] Giec: Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat

 



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