Renouvelables: un avenir (presque) radieux

Le 25 octobre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le développement des énergies renouvelables accélère.
Le développement des énergies renouvelables accélère.
VLDT

Le futur des énergies renouvelables esquissé par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) s’éclaircit. Mais il reste encore beaucoup à faire pour rendre le secteur énergétique compatible avec les objectifs de l’Accord de Paris.

Les énergies renouvelables (ENR) sont portées par le vent du succès, se félicite l’AIE. Dans le rapport qu’elle publie ce mardi 25 octobre, l’agence de l’OCDE rappelle que 153 gigawatts électriques (GWe) de nouvelles capacités vertes ont été mises en service l’an passé. Un chiffre en progression de 18% par rapport à 2014.

Energies numéro un

Le développement de l’éolien terrestre (63 GWe) et du solaire photovoltaïque (49 GWc) explique, en grande partie, ce bon résultat[1]. «Pour la première fois, les capacités renouvelables ont représenté plus de la moitié des nouvelles centrales mises en service et dépassent, en puissance, les centrales au charbon», soulignent les rapporteurs.

Baisse des coûts

Ces bons résultats s’expliquent, bien sûr, par le contexte international (Accord de Paris) et les politiques nationales de soutien aux ENR. Elles sont aussi (et peut-être surtout) la conséquence de la chute des coûts de production de l’éolien terrestre et du photovoltaïque (PV). Les prochaines centrales injecteront des électrons à des prix compris entre 30 dollars le mégawattheure (pour l’éolien) et 50 $/MWh (pour le PV). Et de nouveaux gains de productivité, de l’ordre de 15% à 25%, sont attendus pour les 5 années qui viennent, estime l’AIE. «De surcroît, les récents appels d’offres pour des parcs éoliens marins, en Europe, montrent que les coûts de cette énergie pourraient baisser de 40 à 50% d’ici 2021», notent les rapporteurs.

Un véritable boom

Conséquence logique: les renouvelables électriques devraient connaître un véritable boom. En 2021, les capacités électriques vertes devraient flirter avec les 2.800 GWe. Chaque année, les électriciens mettront en service 200 GWe de capacités nouvelles. L’an passé, l’AIE tablait plutôt sur 120 à 130 GWe/an.

USA, Chine, Inde et Mexique

Seul le dynamisme des marchés américain, chinois, indien et mexicain explique cette amélioration des perspectives du renouvelable électrique. Faute d’avoir formellement adopté son paquet Energie Climat 2030, de voir repartir à la hausse sa demande d’électricité et d’avoir réformé ses marchés de l’énergie, l’Europe n’apparaît plus comme un marché porteur. Dès 2021, les énergies vertes (grande hydroélectricité comprise) devraient néanmoins produire 28% du courant mondial contre 23% en 2015.

L’effet pétrolier

Si elle n’a pas influé sur le développement des renouvelables électriques, la chute des prix du pétrole observée ces derniers mois a hypothéqué l’avenir des agrocarburants. De nombreux projets ont été reportés. Ce qui explique que ces carburants d’origine végétale afficheront une faible progression: 4% des consommations mondiales en 2021, contre 3% l’an passé.

Hausse annoncée de la production de chaleur

Très majoritairement issue des combustibles fossiles, la production de chaleur verdit, elle aussi, doucement. Un peu moins de 9% de la chaleur (pour le chauffage et l’industrie) est produite par des ENR, la biomasse notamment. Ce chiffre pourrait atteindre les 10% en 2021. Entretemps, en raison de l’accroissement des besoins en Chine, en Europe, en Amérique du Nord et en Inde, la production mondiale de chaleur devrait progresser de 21% entre 2015 et 2021.

Si le déploiement des énergies renouvelables est compatible avec les objectifs fixés pour 2030 par les contributions nationales publiées avant la COP 21 (les NDC), seuls l’éolien terrestre et le PV sont «2°C compatibles», souligne l’AIE.

La To-do list

Verdir encore la production d’électricité, de carburants et de chaleur impose de réformer les législations et les organisations de marché pour faciliter l’intégration des ENR par les réseaux de transport et de distribution d’électricité et de gaz. Les gouvernements devront aussi mettre en place des législations et des systèmes de rémunération stables et attractifs. Enfin, les investissements dans les énergies vertes restent encore trop risqués (et donc chers), notamment dans les pays émergents et en développement.

 



[1] En 2014, la capacité éolienne terrestre mondiale avait progressé de 45 GWe, contre 39 GWc pour le photovoltaïque.

 



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