Renouvelables: Londres veut réduire drastiquement les tarifs d’achat

Le 28 août 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Certains tarifs d'achat pourraient être abolis en 2019.
Certains tarifs d'achat pourraient être abolis en 2019.
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En matière d’énergies renouvelables, le Royaume-Uni est un cancre européen. Et entend bien le rester. Dans son bilan à mi-parcours de l’application de la directive «Renouvelables», la Commission européenne rappelait en juin dernier qu’outre-Manche, la part des énergies vertes dans le mix énergétique atteignait les 5% en 2013, soit le tiers de l’objectif fixé pour 2020. Mission à peu près impossible pour le gouvernement Cameron. Et ça le sera probablement plus encore si les propositions de nouveaux tarifs d’achat d’électricité d’origine renouvelable (feed-in tariffs) sont adoptées.

On sabre

Jeudi 27 août, le ministère britannique de l’énergie et du changement climatique (Decc) a soumis à concertation son projet de nouvelle grille tarifaire, pour les installations dont la puissance installée est inférieure à 5 mégawatts. En résumé, on sabre! Tous les tarifs d’achat doivent être progressivement réduits; les coupes intervenant tous les trimestres à partir de janvier 2016. Les feed-in tariffs pour les petites installations photovoltaïques et les petites éoliennes terrestres seraient, quant à eux, purement et simplement supprimés à partir de janvier 2019. Le nombre et la puissance des machines à raccorder seraient limités. Les installations mises en service après janvier 2016 ne bénéficieraient plus du moindre soutien public.

9 milliards de livres

Les arguments avancés par le Decc sont bien connus de ce côté-ci du Channel: les coûts d’investissement ayant massivement baissé, il est inimaginable de maintenir les subventions élevées à un niveau constant. De plus, malgré les mauvais scores nationaux, critiqués par la Commission, les renouvelables suscitent un réel engouement. Ce qui fait exploser les coûts qui doivent être répercutés sur la facture d’électricité (comme en France avec la CSPE[1]) des particuliers. Selon les estimations gouvernementales, le coût supporté par les consommateurs pourrait dépasser les 9 milliards de livres (12 Md€)[2], en 2020: trois fois plus qu’en 2013.

 
La Suède envisage d’introduire une taxe sur l’électricité produite par les centrales photovoltaïques de plus de 255 kilowatts et injectée sur le réseau (non auto-consommée).

Leurs partisans des renouvelables objectent qu’elles font l’objet d’une véritable campagne de persécution de la part du gouvernement conservateur. Ces dernières semaines: les aides à l’éolien terrestre, aux centrales photovoltaïques et à l’amélioration de la performance énergétique des logements ont été, elles aussi, sévèrement rabotées. Même chose pour les soutiens publics à la valorisation de la biomasse et à la transformation des chaudières au charbon en installations de co-incinération.

Perfidement, Greenpeace souligne que les aides aux technologies «bas carbone» représenteront, en 2018, la moitié des subventions versées à l’industrie charbonnière britannique.

Selon un rapport de Policy Exchange, le montant moyen de la facture d’électricité des ménages britanniques a bondi de 21% ces 5 dernières années. Le coût des renouvelables représente désormais 7% du montant de la facture, contre 9% environ en France.

 



[1] CSPE: Contribution au service public de l'électricité

[2] Soit 2 milliards de plus que prévu.

 



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