Renouvelables: l’Irena révise à la hausse le potentiel européen

Le 20 février 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Miguel Cañete et Adnan Amin dissertent sur l'avenir des renouvelables.
Miguel Cañete et Adnan Amin dissertent sur l'avenir des renouvelables.
EU

Dans une étude commandée par la Commission européenne, l’Agence internationale de l’énergie renouvelable (Irena) estime que l’on peut verdir davantage le secteur énergétique que ne le pense l’exécutif communautaire. 

Conservateurs. Telle est l’évaluation de l’Irena des objectifs communautaires de développement des énergies vertes à l’horizon 2030.

Dans une étude publiée ce mardi 20 février[1] et commandée par la Commission, l’Irena estime que les 28 pays membres de l’UE pourraient produire 34% de l’énergie qu’ils consomment à partir de renouvelables: 7 points de mieux que l’objectif fixé par le projet de directive Clean Energy for All Europeans![2]

Les techniques du moment

Comment expliquer un tel différentiel? Dans son analyse technico-économique, l’agence basée à Abou Dabi (Emirats arabes unis) prend en compte l’évolution des moyens de production, l’efficacité croissante des réseaux, la chute des coûts de nombreuses technologies, la banalisation du numérique, l’arrivée du véhicule électrique, la convergence des réseaux énergétiques (électricité, chaleur, froid), les besoins des usagers. Bref, on n’attend aucune nouvelle rupture technologique. On voit ce que la technique du moment autorise.

L’éolien flottant: plus efficace que prévu. Mise à l’eau l’été dernier au large de l’Ecosse, la première centrale éolienne flottante du monde remplit d’aise Statoil, son exploitant. Dans un communiqué, le pétrolier norvégien annonce que le facteur de charge des 6 turbines (5 MW) unitaire a atteint le chiffre faramineux de 65% (trois fois celui des machines installées à terre). Cet hiver, la ferme Hywind Scotland a affronté le cyclone Ophelia, plusieurs tempêtes et des creux de 8 mètres. L’objectif de Statoil est de faire tomber le coût de production entre 40 et 60 €/MWh.
 

Pour l’électricité, l’Irena estime le potentiel réaliste à 327 gigawatts (GW) éoliens (97 GW de mieux que le scénario tendanciel), 270 GWc de photovoltaïque (+86 GWc) et 23 GW d’autres modes de production (hydraulique, géothermie, solaire thermique et énergies marines). Au total, 50% de l’électricité consommée par les Européens en 2030 pourraient être vertes: 2,5 fois mieux qu’en 2010. Le facteur carbone de l’électron communautaire passerait ainsi de 304 à 177 grammes de CO2 par kilowattheure (kWh): une baisse de 40%

40 millions de voitures électriques en 2030

Côté transport, l’arrivée en masse de nouvelles motorisations (électriques, hybrides, hydrogène) et l’accroissement de la part des agrocarburants permettra de plus que quadrupler la consommation d’énergies ‘propres’ par les véhicules entre 2010 et 2030 (17% en 2030). L’Irena estime ainsi que 40 millions de véhicules électriques pourraient sillonner les routes du Vieux monde dans 12 ans. Leur demande d’électricité est estimée à 104 térawattheures (TWh) par an: moins de 3% de la consommation finale du secteur.

L'équivalent de la demande espagnole

Le développement du véhicule électrique, couplé à celui des pompes à chaleur, ferait passer à 27% la part de l’électricité dans la consommation finale d’énergie, contre 21% en 2010. Soit une hausse de 230 TWh/an de la demande: l’équivalent de la consommation de l’Espagne.

A coups de réseaux collectifs, de solaire intégré, de chauffage électrique et de pompes à chaleur, la part de renouvelable dans le bâtiment pourrait passer de 22% à 42% entre 2015 et 2030.

La France veut plus. Lundi 19 février, au cours d’un entretien, à Bruxelles, avec Maroš Šef?ovi?, vice-président de la Commission en charge de l’union de l’énergie, Nicolas Hulot a appelé l’exécutif européen à relever l’ambition européenne en matière de lutte contre le changement climatique. 

L’industrie n’est pas en reste. En développant l’usage, là encore, des pompes à chaleur, mais aussi des chaudières à bois, de la demande d’électricité d’origine renouvelable, sa part d’énergie verte pourrait atteindre 36% en 2030: deux fois mieux qu’en 2015.

Un million d'emplois

Mis en œuvre, ce programme engendrerait une décarbonation accélérée du secteur de l’énergie. Celui-ci pourrait ainsi réduire de 42% ses émissions de GES entre 1990 et 2030, mieux que l’objectif visé par la Commission. Bien sûr, l’effort financier n’est pas négligeable: il en coûterait ainsi 73 milliards d’euros par an d’investissement. De quoi créer plus d’un million d’emplois dans l’UE 28 et réduire le montant des externalités environnementales du secteur.

Selon l’Irena, la réduction de l’usage des énergies fossiles permettrait de réduire sensiblement les émissions de polluants atmosphériques. De quoi diminuer de 8 à 37 Md€/an le coût sanitaire de la pollution de l’air. Des résultats qui intéresseront, sans doute, les rédacteurs de la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie française.



[1] Une semaine avant la reprise des discussions en trilogue sur l’objectif du paquet Eénergie Cclimat 2030.

[2] Mais 1% de moins que proposé par le Pparlement européen.

 



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