Renouvelables: l’Europe baisse les bras

Le 25 mars 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
L'Europe a réduit d'un tiers ses investissements dans les renouvelables en 4 ans.
L'Europe a réduit d'un tiers ses investissements dans les renouvelables en 4 ans.
VLDT

En 2015, à coups de réglementations tatillonnes et de coupes budgétaires, l’Europe a sensiblement réduit la voilure en matière d’équipement en énergies renouvelables. C’est l’une des conclusions du 10e rapport annuel sur les «Tendances mondiales des investissements dans les énergies renouvelables» que le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) a publié jeudi 24 mars.

L’an passé, les investissements mondiaux en matière d’éolien, d’énergie solaire ou de valorisation de la biomasse ont battu des records: 266 milliards de dollars (238 Md€). Montant auquel il faut ajouter les 20 Md$ consacrés à la recherche. Datant de 2011, le précédent record de 278,5 milliards est largement battu! Cette manne a permis de financer la mise en service de 134 gigawatts de capacités installées[1]; à comparer aux 106 GW inaugurés en 2014 et aux 87 GW de 2013.

Les pays ‘pauvres’ en tête

C’est une première: les pays émergents et en développement ont plus investi dans les énergies vertes que les nations développées (130 Md$). Portés par une demande croissante d’énergie et la baisse des prix des équipements, Chine, Inde et Brésil verdissent, d’année en année, leur système énergétique. En 2015, ils lui ont consacré 156 Md$, contre 9 Md$ 11 années plus tôt. L’année dernière, la Chine a injecté 102 Md$, soit 17% de mieux en un an dans la production d’énergies décarbonées (hors nucléaire et grande hydraulique).

Même inflexion pour l'Inde (+ 22% à 10,2 Md$), l’Afrique du Sud (+329% à 4,5 Md$), le Mexique (+105% à 4 Md$) ou le Chili (+151%, à 3,4 Md$). Le phénomène touche également les économies à revenu intermédiaire. Maroc, Turquie et Uruguay figurent désormais dans la liste des pays qui investissent plus de 1 Md$/an dans les ENR.

Les pieds sur les freins

De leur côté, les pays les plus industrialisés ont les deux pieds sur les freins. Entre 2011 et 2015, ils ont réduit d’un tiers, et de façon continue, leurs investissements. Le vent mauvais souffle d’Europe. Entre 2014 et 2015, le Vieux Monde a réduit de 21% ses investissements, qui sont passés de 62 à 48,8 Md$, le plus bas chiffre enregistré depuis 9 ans, et ce en dépit d’investissements records dans les projets éoliens offshore. A elle seule, l’Allemagne, pourtant en pleine transition énergétique, a diminué de 46% ses investissements d’une année sur l’autre. Ce déclin est quelque peu ralenti par les Etats-Unis (44 Md$ investis en 2015, + 19%) et le Royaume-Uni (22 Md$ investis en 2015, + 25%).

Modestes impacts

Ces investissements sont-ils utiles au climat? «Sans les énergies renouvelables (hors hydroélectricité à forte puissance), les émissions annuelles mondiales de dioxyde de carbone auraient été plus élevées d’environ 1,5 gigatonne en 2015», souligne le Pnue. Certes. Mais pour le moment, les nouvelles énergies renouvelables ne pèsent pas bien lourd. En 2015, leur puissance installée représentait 16% de la capacité installée mondiale de production d’électricité, contre 15% l’année précédente. Centrales solaires et fermes éoliennes ont injecté 10% des électrons mondiaux: 1% de mieux en un an.

Par ailleurs, les électriciens ont aussi mis à feu 80 GW de centrales au charbon et à gaz en 2015: de quoi alourdir l’atmosphère de quelque 300 Mt CO2 par an.

 



[1] Dont 62 GW d’éolien et 56 GWc de solaire.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus