Renouvelables : insuffisant le rythme d’investissement diminue

Le 10 juin 2020 par Volodia Opritchnik
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Jadis pionnière, la France reste la lanterne rouge du solaire thermodynamique.
Jadis pionnière, la France reste la lanterne rouge du solaire thermodynamique.
VLDT

Ces 10 prochaines années, nous mettrons en service trois fois moins de nouvelles capacités renouvelables que nécessaire pour stabiliser le réchauffement à 2°C.

Et de trois ! Le conseil des ministres a adopté, ce mercredi 10 juin, son troisième projet de loi de finance rectificative (PLFR) en quelques semaines. Devant être très prochainement soumis au Parlement, Ce texte inscrit dans le budget les mesures de soutien aux secteurs sinistrés par la crise sanitaire: le plan tourisme (18 Md€), le plan (15 Md€), le plan de soutien aux entreprises de la Tech (1,5 Md€), le plan en faveur de la culture (1,3 Md€).

On ajoutera aussi les 4,5 Md€ d’aides aux collectivités, les 3 Md€ d’exonérations sociales et patronales pour les petites entreprises, les 39 Md€ pour financer le chômage partiel. A cela, il faudra encore ajouter une partie des 15 Md€ alloués, mardi 8 juin, au secteur aéronautique.

une relance écologique?

Pour autant, a-t-on pris le pli écologique promis par le ministre de l’économie? Les premières évaluations environnementales des plans de relance donnent une réponse plutôt négative à la question. Et un nouvel indice, publié ce mercredi 10 juin, n’est pas des plus rassurant. Au vu des commandes engrangées, les énergies renouvelables électriques ne fourniront pas la force d’appoint suffisante pour stabiliser le réchauffement à 2°C.

Dans une étude, publiée ce mercredi 10 juin, le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), l'Ecole de finance et de gestion de Francfort et Bloomberg new energy finance (BNEF) ont évalué la puissance d’énergies vertes qu’il faudrait rapidement mettre en service pour décarboner suffisamment les systèmes de production d’électricité.

loin du compte

A l’horizon de 2030, c’est près de 3.000 GW supplémentaires d’énergies éolienne et solaire qu’il faudrait coupler aux réseaux d’électricité de la planète. Ce qui semble désormais hors de portée. Hors hydraulique, l’étude évalue à 826 GW les engagements fermes pris en matière de nouvelles installations de production d’électricité verte pour les 10 prochaines années. Le tout pour un montant proche des 1.000 milliards de dollars (884 milliards d'euros). Nous sommes donc très loin du compte.

Durant la décennie 2010-2019, les électriciens du monde ont mis en service 1.213 GW de nouvelles capacités renouvelables (hors centrales hydroélectriques), pour un investissement de près de 2.700 milliards de dollars (2.400 milliards d'euros). Non seulement, l’effort consenti est insuffisant, mais il tend à diminuer.