Renouvelables: combien ça coûte?

Le 25 janvier 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial
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Energies renouvelables : les coûts de production ne cessent de baisser.
Energies renouvelables : les coûts de production ne cessent de baisser.
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Au moment où Négawatt publiait la quatrième mouture de son scénario, l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) donnait de quoi en affiner le devis, avec une étude sur le coût des énergies renouvelables.

Profitant des Assises de la transition énergétique à Bordeaux, Bruno Léchevin a levé le voile, ce mercredi 25 janvier, sur une nouvelle évaluation du coût des énergies renouvelables. Comme l’OCDE dans certaines de ses publications, le bras séculier du ministère de l’environnement ne présente pas un seul coût de production, mais une plage de variation des coûts, en fonction des paramètres les plus importants: coût d’investissement, qualité de la ressource disponible, perception du risque par les investisseurs et taux d’actualisation.

L’éolien terrestre: le moins cher

En France, l’éolien terrestre, technologie la plus mature, est aussi la plus compétitive, avec une fourchette de coûts comprise entre 50 et 108 euros le mégawattheure: moins cher dans tous les cas de figure que le coût de production du futur EPR britannique. Avec les progrès annoncés de la filière, des baisses de coût de 10 à 15% devraient être atteints d’ici à 2025, estime l’agence.

Chute des prix attendue en mer

Plus importants sont les gains attendus pour l’éolien marin, dont les prix sont encore très élevés. L’Ademe estime le coût de production du MWh de l’éolien offshore posé entre 123 et 227 €. Pour le flottant, dont les turbines en service se comptent certes sur les doigts de la main, c’est plus cher encore: de 165 à 364 €/MWh. Reprenant à son compte des estimations de l’agence internationale des énergies renouvelables (Irena), l’Ademe estime toutefois que les innovations en cours pourraient faire chuter d’un tiers ces coûts en une dizaine d’années.

Trop chères hydroliennes

Toujours dans la gamme des démonstrateurs: les hydroliennes. Se basant sur les résultats des appels à projets en France et à l’international, le rapport situe entre 123 et 571 €/MWh le coût de production de ces machines, tout droit émergées de 20.000 lieues sous les mer. Un prix très élevé qui explique en partie la faillite annoncée de la filière en France. Pour autant, les experts français veulent croire que «le potentiel de réduction des coûts est très important sur l’ensemble de la chaîne de valeur des projets».

Rendements en hausse pour le solaire

Même si le montant de sa facture a été divisé par 6 entre 2007 et 2014, le photovoltaïque reste coûteux. En moyenne, dans l’Hexagone, le coût total de production du photovoltaïque (technologie silicium) pour centrales au sol est estimé entre 64 et 167 €/MWh. Pour les toitures des particuliers, le montant de la facture oscille entre 164 et 407 €/MWh pour les installations intégrées au bâtiment, et entre 155 et 334 €/MWh pour les installations surimposées. Les investisseurs préfèreront peut-être investir dans des centrales sur toitures de hangar ou de supermarché: entre 98 et 246 €/MWh. Grâce à l’amélioration des processus de fabrication et à l’accroissement du rendement énergétique des modules, là encore, les coûts devraient baisser d’un tiers vers 2025.

Vers le lever du solaire thermodynamique

Mais cette prochaine décennie sera peut-être celle du lever du solaire thermodynamique. Inexistant en France (qui a pourtant testé l’une des premières grandes centrales de taille industrielle dans les Pyrénées), cette technologie commence à se déployer aux Etats-Unis, en Espagne et au Moyen-Orient. Pour le moment, ces installations injectent un MWh dont le prix varie de 89 à 315 €. La multiplication du nombre d’installations dans le monde devrait faire baisser le coût de fabrication des miroirs et accroître le rendement des centrales. Gains de productivité escomptés: de 20 à 45% d’ici à 2025.

En France, la géothermie électrique, c’est plus cher

En plein renouveau en France (surtout pour la production de chaleur, il est vrai), la géothermie a de beaux jours devant elle. Dans le monde, les coûts de production par géothermie de type volcanique tourne entre 38 et 62 €/MWh. Par comparaison, la centrale de Bouillante (Guadeloupe) produit un MWh aux alentours de 100 €.

Pour la géothermie EGS, le coût de production de l'électricité pour des installations types comme celles qui seront bientôt réalisées en France, varie de 173 à 336 €/MWh. La plage de variation s’explique par l’accessibilité de la ressource (profondeur de forage et température) et le coût d’investissement (notamment la technologie de conversion thermoélectrique ORC, plus chère que le cycle vapeur), et le taux d’actualisation. Les coûts de cette technologie devraient baisser dans les prochaines années.

Bois: gare à la chaudière

La chaleur maintenant. En France, il en coûte de 49 à 77 €/MWh pour se chauffer au bois avec un chauffage central, une chaudière à bûches à tirage naturel ou une chaudière à bûches turbo avec ballon d’hydroaccumulation. Le prix s’élève avec des chaudières à chargement automatique à granulés: 78 à 108 €/MWh.

Des coûts finalement assez proches de ceux des chaufferies industrielles à biomasse de taille industrielle: entre 62 et 84 €/MWh pour les chaufferies de puissance supérieure à 3 MW; entre 73 et 101 €/MWh pour celles ayant une puissance comprise entre 1 MW et 3 MW; et entre 88 et 125 €/MWh pour les chaufferies de puissance inférieure à 1 MW.

PAC: visez le collectif

Un peu plus cher: les pompes à chaleur (PAC). Pour une maison individuelle, le coût de la chaleur produite par une PAC est estimé entre 106 et 157 €/MWh pour les PAC aérothermiques (air/eau), et entre 107 et 168 €/MWh pour les PAC géothermiques (eau/eau). Pour les installations collectives, c’est évidemment moins cher: entre 52 et 129 €/MWh pour la géothermie sur aquifère superficiel, et entre 70 et 135 €/MWh pour la géothermie superficielle sur champs de sondes.

Solaire, ensemble

Se chauffer au solaire reste encore coûteux. En France, le coût total de production de la chaleur par solaire thermique est estimé entre 156 et 451 €/MWh pour les chauffe-eau solaires individuels (CESI), et entre 191 et 420 €/MWh pour les systèmes solaires combinés (SSC), pour le nord et le sud de la France.

Le solaire thermique est en revanche moins cher dans le tertiaire, le collectif et pour les installations industrielles: de 63 à 164 €/MWh pour le solaire thermique sur réseau de chaleur (STR) et entre 89 et 260 €/MWh pour le solaire thermique collectif (STC).

 

Cap à l'Est. Les Assises européennes de la transition énergétique, dont l'édition 2017 (bordelaise) fermera ses portes jeudi 26 janvier, passent en Suisse. L'an prochain, c'est l'Agglomération transfrontalière du Grand Genève qui accueillera la 19e édition de ce colloque, créé à l'origine par l'Ademe et les villes de Dunkerque et Grenoble.

 

Indispensable au succès du scénario Négawatt 4: les coûts de production de gaz par méthanisation oscille entre 96 et 130 €/MWh pour les cogénérations à la ferme, et entre 95 et 167 €/MWh pour les cogénérations centralisées.



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