Renouvelables: Bruxelles tire la sonnette d’alarme

Le 06 juin 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La géothermie islandaise va-t-elle exporter ses calories en Europe ?
La géothermie islandaise va-t-elle exporter ses calories en Europe ?

L’Union européenne tiendra-t-elle son engagement de réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2020? C’est de moins en moins probable. Fixé par le paquet Energie-climat de 2008, cet objectif est censé être atteint en améliorant de 20% l’efficacité énergétique et en consommant 20% d’énergies renouvelables. Or, dans les deux cas, l’Europe est mal partie. Voilà des mois que Bruxelles souligne que les économies d’énergie réalisées par les 27 sont très insuffisantes [JDLE] pour atteindre l’objectif des 3x20%. Au rythme actuel, rappelle-t-on à la Commission, on réalisera la moitié de l’objectif. Surtout si les discussions sur le renforcement de la directive Efficacité énergétique continuent de s’éterniser.

Pour les énergies vertes, c’est un peu la même chose. Dans la communication qu’elle publie aujourd’hui, la Commission n’est pas optimiste. «L’Union européenne s’est engagée à atteindre une part de 20% d’énergies renouvelables d’ici 2020. Cet objectif ne peut être atteint d’une manière efficace au regard des coûts que si l’ensemble des politiques actuellement en place sont mises en œuvre dans tous les Etats membres et que les régimes d’aide convergent.» En 2010, rappelle-t-elle, seuls 13 pays de l’UE ont atteint ou dépassé leur objectif intermédiaire de production d’électricité renouvelable et d’agrocarburants.

Bruxelles décrète la mobilisation générale et fait quelques propositions pour accélérer le verdissement des bouquets énergétiques européens. Observatrice attentive des marchés nationaux, elle recommande, par exemple, de faire le contraire de ce qui s’est passé en France. Le cadre juridique devrait rester stable et clair, de même le régime des aides publiques. «Le coût de l’énergie renouvelable n’est pas seulement déterminé par les ressources en vent, en soleil, en biomasse ou en eau. Le coût des projets est aussi le résultat des procédures administratives et du coût de l’argent. Or, des procédures complexes, le manque de guichet unique, la création de procédures et de schémas qui prennent des mois voire des années à aboutir, sans compter la peur de voir les régimes changer a posteriori accroissent le risque. Le niveau de risques est tel, notamment dans les pays aux faibles ressources financières, qu’il accroit le coût du capital, augmentant en conséquence celui du projet d’énergie renouvelable. Ce qui réduit du même coup sa compétitivité», résume l’exécutif communautaire.

Un dépoussiérage législatif s’annonce donc indispensable aux yeux de Bruxelles. Mais ce n’est pas tout. Une dizaine de pays de l’UE (sans compter la Suisse et la Norvège) sont susceptibles d’exporter de l’électricité renouvelable. A condition que tout ce beau monde utilise le marché des certificats verts. La Commission milite aussi pour la réalisation rapide de grandes centrales solaires et éoliennes capables d’exporter au loin leur courant vert, comme le projet Helios, en Grèce, ou les projets Desertec, dans le Maghreb.

Ceci ne sera toutefois pas possible sans un gros effort en faveur du développement des réseaux de transport et de distribution d’électricité. Si possible intelligents. Au vu des avancées du programme allemand, ce n’est pas gagné [JDLE].



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