Renault soupçonné d’être adepte des logiciels truqueurs

Le 15 mars 2017 par Marine Jobert
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La Captur, le pire élève pour les NOx.
La Captur, le pire élève pour les NOx.
Renault

Sans prononcer les termes de ‘logiciel truqueur’, les enquêteurs de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes semblent soupçonner Renault d’avoir, à l’instar de Volkswagen, équipé certains modèles de ces dispositifs qui minorent les émissions lors des tests d’homologation. La marque nie en bloc.

«Les véhicules Renault ne sont pas équipés de logiciels de fraude aux dispositifs de dépollution.» La contre-attaque du constructeur au losange se veut sans ambiguïté, quelques heures après la publication par Libération d’extraits du procès-verbal transmis à la justice en novembre 2016 par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Une riposte à la hauteur des accusations portées par le enquêteurs, qui estiment que «Renault SAS a trompé les consommateurs sur les contrôles effectués et notamment le contrôle réglementaire de l’homologation sur les émissions de polluants (…) La société a utilisé une stratégie ayant pour objectif de fausser les résultats des tests antipollution.» Des investigations lancées après que la commission technique indépendante constituée à la demande de Ségolène Royal suite aux révélations sur les fraudes de Volkswagen, avait relevé de forts dépassements des émissions par rapport à celles déclarées lors de l’homologation.

Dispositifs frauduleux

Sans surprise, la DGCCRF a constaté des écarts très importants entre les émissions d’oxydes d’azote (NOx) émises lors des tests sur route et celles annoncées pour obtenir l’homologation. Et ce notamment pour les modèles Renault Captur et pour la Clio IV; le premier dépasserait le seuil réglementaire d’émission de NOx de 377% et la deuxième de 305%. «Ces résultats permettent de soupçonner l’installation d’un dispositif frauduleux qui modifie spécifiquement le fonctionnement du moteur, pour en réduire les émissions de NOx dans des conditions spécifiques du test d’homologation, afin que les émissions respectent les limites réglementaires», estiment les enquêteurs, cités par Libération Deux autres modèles sont également dans le collimateur –la Kadjar et la Talisman- pour lesquels Renault est soupçonné de ‘calibrer’ ses moteurs, détaille le quotidien, pour qu’ils soient autorisés à circuler.

Trois juges d’instruction

Ce sont trois juges d’instruction du tribunal de grande instance de Paris, spécialisés dans les atteintes à la santé publique, qui sont aujourd’hui chargés de l’instruction pour «tromperie sur les qualités substantielles et les contrôles effectués», épaulés par les gendarmes de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP). Leur enquête devra notamment déterminer, à l’instar de la conviction des 1ers enquêteurs, si Renault a, ou non, «mis en œuvre ]des] stratégies frauduleuses depuis plus de sept ans». Le Groupe, lui, assure «qu’aucun de ses services n’a enfreint les règles, européennes ou nationales, relatives à l’homologation des véhicules.» France Nature Environnement a annoncé qu'elle envisageait de se porter partie civile dans cette affaire.



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