Relance des légumineuses: une bonne opération climatique

Le 01 mars 2010 par Gaëlle Fras
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La lutte contre les émissions des gaz à effet de serre d’origine agricole en France pourrait en partie passer par la relance de la production des légumineuses, selon un rapport du Service de l’économie, de l’évaluation et de l’intégration du développement durable (SEEIDD) publié début janvier.

Non seulement leur production ne nécessite aucune fertilisation azotée mais, en plus, elles restituent une part des élément nutritifs aux cultures suivantes ou associées, ce qui permettrait de diminuer le recours à l’utilisation d’engrais minéraux azotés. Ces derniers sont responsables des émissions de protoxyde d’azote (NO2), GES au pouvoir de réchauffement global 310 fois supérieur à celui du CO2.

La baisse globale de la fertilisation pourrait se traduire par une diminution des émissions de 1,2 million de tonnes équivalent CO2 (Mteq CO2), soit près de 9% des émissions totales provoquées directement et indirectement par l’épandage de ces engrais en France, avance le service du ministère de l’environnement.

La réduction de l’usage des engrais réduirait leur fabrication et leur transport, soit une diminution des émissions de 550.000 tonnes équivalent CO2 par an.

Cette mesure ne serait pas sans impact sur la balance commerciale agricole. Les légumineuses étant très riches en protéines et en fibres, elles pourraient en grande partie remplacer les tourteaux de soja traditionnellement utilisés pour l’alimentation du bétail. Ce soja provenant intégralement d’Amérique du Sud, cette importation diminuerait de 41%.

Pour avoir une production de légumineuse suffisante en France, il faudrait augmenter leur part de 3 à 7%, ce qui implique une diminution de la production céréalière. Cette réorganisation diminuerait les quantités de céréales exportées et entraînerait un déficit en partie compensé par la diminution des imports de soja. Le SEEIDD estime la dégradation de la balance commerciale agricole à près de 230 millions d’euros.

Cependant, les gains liés à l’augmentation de la part des légumineuses parviendraient à compenser cette dégradation à hauteur de 83%, notamment en termes d’émissions de CO2 évitées. Au final, le coût de la relance des légumineuses en France serait d’un peu plus de 38 millions €.


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus