Rejets industriels: anticiper les nouvelles normes

Le 11 mars 2016 par Marine Jobert
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120 micro-polluants détectées dans le bassin RMC.
120 micro-polluants détectées dans le bassin RMC.

L’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse lance un appel à projets pour aider les industriels à réduire leurs émissions de polluants dans l’eau. Objectif: financer ceux qui prendront de l’avance sur les normes européennes. Budget: 10 million d’euros. Laurent Roy est le directeur de l’Agence de l’eau RMC. Il a répondu aux questions du Journal de l’Environnement.

JDLE – S’agit-il d’une initiative inédite?

Laurent Roy - Oui et non. Dans un contexte de reconquête générale de la qualité des eaux dans le cadre de la directive-cadre sur l’eau, toutes les agences de l’eau aident les industriels à se mettre aux normes. Notre objectif, avec cet appel à projets, vise à les sensibiliser avant qu’ils ne soient rattrapés par les mises aux normes qu’édicte au fur et à mesure l’Europe, dans le cadre de la directive Emissions industrielles (IED). Nous leur proposons de financer leurs projets jusqu’à 40%, avec une forte dégressivité dans les 4 ans qui suivent, pour les inciter à agir vite. Les industriels sont réceptifs, même si une situation économique compliquée peut avoir comme effet de différer les investissements. C’est là que nous leur disons que c’est un mauvais calcul, car ils seront de toute façon rattrapés par de nouvelles normes et qu’à défaut d’avoir anticipé, ils ne seront pas aidés financièrement.

 

JDLE – Quelles entreprises visez- vous?

Laurent Roy – Chaque année, la Commission définit, secteur industriel par secteur industriel, quelles sont les ‘meilleures techniques disponibles’ (MTD) qui, au fur et à mesure de leur adoption, deviennent contraignantes. Les industriels doivent atteindre le plafond d’émissions définis en lien avec ces MTD. Huit secteurs sont déjà concernés par ces normes[1] et en 2016, ce sera au tour du secteur des métaux non ferreux et des gestionnaires des systèmes d’épuration collectifs du secteur de la chimie, pour lesquels des normes nouvelles vont être approuvées prochainement. Sur le bassin Rhône-Méditerranée-Corse, nous estimons que 22 entreprises sont éligibles à ces aides. Avec 10 millions d’euros de budget, le seul facteur limitant, c’est la réponse des industriels.

 

JDLE – Quels sont les polluants concernés?

Laurent Roy – Outre les polluants ‘classiques’, comme l’azote ou le phosphore, on observe des polluants plus spécifiques aux process industriels. C’est notamment le cas des métaux, des substances persistantes comme les PCB ou les micro-polluants. A l’échelle du bassin, nous avons recensé 120 micro-polluants spécifiques, que l’on retrouve de manière préoccupante, c’est-à-dire susceptible de porter atteinte au bon état des masses d’eau. La logique de la directive-cadre sur l’eau est une logique d’amélioration: on n’a pas le droit de faire pire! Dans ce contexte, nous aidons les industriels à améliorer leurs capacités de traitement. C’est un élément de compétitivité pour eux d’anticiper une norme qui va devenir obligatoire.

 



[1] Production et transformation des métaux, fabrication du verre, tannage des peaux, production de ciment/chaux/oxyde de magnésium, production de chlore et de soude, production de pâte à papier/papier/carton, raffinage de pétrole et fabrication des panneaux à base de bois.

 

 



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