Réhabilitation du site industriel de Bonneuil

Le 09 décembre 2005 par Christine Sévillano
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
VHU GB
VHU GB

La réhabilitation du site industriel de Bonneuil est un cas plutôt rare, puisque ses déchets ont été réutilisés et ce à moindre coût que la solution traditionnelle d'excavation. Une méthode qui a dû être validée après une évaluation des risques pour les futurs salariés.

Lors du salon Pollutec, Claude Cedou de l'entreprise de réhabilitation Brézillon et membre de l'Union professionnelle des entreprises de dépollution de sites (UPDS), et Sylvie Cardinaud, directeur technique d'ICF environnement, sont venus présenter le travail de leurs équipes sur le site industriel de Bonneuil (Val d'Oise), ancienne ballastière (1) qui se transforme actuellement pour recevoir de nouvelles activités industrielles. Une dizaine d'hectares a déjà été réhabilitée sur ce site qui a l'avantage d'être situé face à l'aéroport du Bourget et compte 33 hectares. Le volume de déchets industriels recensé au début de l'opération était de 500.000 mètres cubes (m3) avec des matériaux très pollués, surtout dus à l'activité précédente de casse de voitures, qui avait été exercée dans des conditions de gestion peu favorables au respect de l'environnement. «Nous cherchions des solutions différentes et surtout économes. Nous avons donc fait du traitement sur site avec le projet d'excaver ces déchets. Finalement, nous les avons triés et réutilisés», explique Claude Cedou.

Du transformateur jusqu'au plastique, presque tous les déchets ont trouvé une seconde vie sous forme de remblais lors de la réhabilitation, et même les pneus ont été transformés en matière technique. 2.500 m3 de déchets ont été traités par jour, les salariés se déplaçant progressivement sur le site selon leur avancement. Un arrêté préfectoral a fixé des exigences en matière de traçabilité des terres traitées et ce dans le cadre du plan de récolement, le document graphique établissant la réalité du site après travaux. «Le bilan environnemental est plus que bénéfique: nous avons fait l'économie de 500.000 m3 de remblais, et nous avons également évité la mise sur les routes de poids lourds pour les décharges, mais aussi pour ramener de nouveaux matériels, ce qui aurait dû représenter 60.000 camions», poursuit le représentant de l'UPDS. Sans oublier une importante réduction des coûts: alors que la solution de base, prenant en compte excavation et retrait des déchets, s'élevait à 45 millions d'euros, la valorisation des déchets a nécessité 14 millions d'euros, soit 3 fois moins!

«Il a fallu également s'assurer de la compatibilité entre la faisabilité technique et les risques sanitaires pour les salariés qui vont travailler dans le futur entrepôt», ajoute Sylvie Cardinaud dont l'entreprise a réalisé l'évaluation des risques sanitaires. 200 sondages ont donc été réalisés pour définir l'état du terrain, et 7 «hot spots», ou points très pollués, ont été relevés (puis 2 ou 3 autres en phase de réhabilitation). L'évaluation des risques doit comprendre un état des lieux concernant les polluants présents sur les sites, les voies de transfert possible comme l'eau, le sol ou les rejets dans l'air, et les cibles éventuelles (adultes ou personnes sensibles). Le diagnostic doit permettre de constater de la toxicité des substances par inhalation dans le cas de Bonneuil où il y aura des salariés.

Les experts doivent surtout déterminer la dose journalière de polluants reçue par les futurs employés afin de la comparer à la dose admissible. «Le cas échéant, il nous faut rendre le site compatible avec les exigences réglementaires et cela a été le cas», souligne Sylvie Cardinaud. En effet, le site est caractérisé par une forte présence d'hydrocarbures pour laquelle ICF environnement a préconisé une baisse du seuil d'exposition en dessous de 200 milligrammes par kilogramme (mg/kg). Un seuil qui n'est pas réglementaire puisqu'il n'en existe pas pour les sites et sols pollués, chaque cas étant spécifique notamment selon l'usage que l'on souhaite faire du site. Des pollutions d'origine métallique ont été trouvées dans la nappe, «mais à des concentrations trop faibles pour nécessiter un traitement, d'autant plus que l'eau ne migre pas à l'extérieur du site. C'est notre métier que d'être un outil d'aide à la décision dans la détermination des seuils résiduels pour la santé », conclut le directeur technique.



(1) Exploitation de graviers alluviaux.




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus