Règlement bio: les craintes de Coop de France

Le 09 avril 2014 par Romain Loury
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Coop de France loin d'être convaincue
Coop de France loin d'être convaincue
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Le syndicat agricole Coop de France craint que le futur règlement européen sur l’agriculture biologique mette un frein au développement du secteur, en décourageant les agriculteurs de s’y convertir.

 

Publiée fin mars par la Commission européenne, cette proposition de règlement relatif à la production biologique et à l’étiquetage des produits biologiques devrait être discutée au Parlement européen en 2015, avec une entrée en vigueur prévue le 1er juillet 2017. Son but, mieux encadrer ce type d’agriculture en garantissant au consommateur qu’il s’agit vraiment de bio.

Si le projet a recueilli l’assentiment de la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab) (voir le JDLE), il est loin d’en être de même pour Coop de France, qui craint qu’il n’aille bien plus dans le sens du consommateur que dans celui du producteur.

Saluant «quelques avancées notables, comme l’amélioration du système de contrôle, le renforcement du régime d’importation pour les pays tiers, l’harmonisation des règles de production», le syndicat craint que le projet ne décourage les candidats à la conversion bio. Ce qui serait fâcheux, la tendance étant déjà à la décélération (voir le JDLE).

La fin des exploitations mixtes, mesure dissuasive?

Parmi les craintes de Coop de France, la fin des exploitations mixtes, celles qui produisent en bio et en conventionnel. Interrogé par le JDLE, Christophe Lécuyer, qui préside la commission filières biologiques de Coop de France, estime que «25% des producteurs bio sont en mixité». «Il y en a pour qui cela va poser problème, par exemple ceux qui font de l’arboriculture, avec des vergers qui ne peuvent pas passer en bio», ajoute-t-il, redoutant que certains ne soient obligés de repasser en agriculture conventionnelle.

Autre grief, la fin des dérogations, dont certaines permettent de recourir à des semences non bio lorsque l’équivalent bio n’est pas disponible sur le marché. Si la Commission considère qu’elles ont mené à de nombreux abus, Christophe Lécuyer, tout en reconnaissant qu’«il faut aller vers une diminution», estime la mesure peu réaliste, du fait du manque de semences bio pour certaines plantes, notamment fourragères.

Quant à la fin de l’obligation de contrôle annuel minimal par opérateur, présentée par la Commission comme un allègement du système, elle «déstabilise la crédibilité du système de certification biologique», estime Coop de France. Selon Christophe Lécuyer, «on peut difficilement mettre fin à [ce contrôle annuel minimal]: la réglementation évolue sans cesse, il faut que le producteur soit régulièrement tenu au courant».



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