Régions: le Nord soigne ses sites pollués

Le 08 février 2006 par Christine Sévillano
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Notre dossier sur les régions se poursuit sur les sites et sols pollués. Escale dans la région Nord-Pas-de-Calais qui consacre une partie significative de son budget à cette thématique et plus particulièrement aux démantèlements des anciens sites industriels. Elle va même plus loin puisqu'elle réfléchit désormais à développer un pôle de compétence sur l'activité de diagnostic et de dépollution des sols.

Peu de régions ont mentionné le problème des sites et sols pollués dans le questionnaire transmis aux conseils régionaux par le JDLE (1), même si elles ont en charge une partie de l'aménagement du territoire. Pourtant 2 d'entre elles, la Bourgogne et le Nord-Pas-de-Calais, ont évoqué le montant qu'il représentait dans leur budget 2005, soit respectivement 300.000 euros et 7 millions d'euros. Cette dernière région octroie en particulier de nombreuses aides pour le démantèlement des installations lors de la réhabilitation de friches industrielles, dans le cadre d'opérations de renouvellement urbain ou de réaménagement d'espaces industriels à la demande des chambres de commerce et d'industrie. Sur les 2 dernières années (2), le Nord-Pas-de-Calais a consacré 5 millions d'euros et la région devrait débourser jusqu'à 11 millions sur 6 ans pour cette activité qui n'est pas anodine: la région compte à elle seule la moitié des 15.000 friches industrielles françaises recensées, dont le fameux site Metaleurop actuellement en cours de réhabilitation. «Sans oublier qu'il s'agit d'une région d'une forte densité de population avec peu d'espaces verts. Le foncier est donc d'une grande valeur», souligne Caroline Tanguy, chargée de mission au conseil régional.

La région ne finance pas les travaux de dépollution, mais elle a déjà développé plusieurs actions sur la thématique des sols pollués avec des partenaires. Ainsi avec l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), elle a mis en place un centre de ressources qui permet de développer les connaissances sur les sédiments pollués. Elle accorde aussi des aides aux collectivités locales, voire aux industriels, jusqu'à 50% du montant pour établir des diagnostics d'évaluation simplifiée des risques (ESR) et d'évaluation détaillée des risques (EDR). «Nous intervenons surtout pour les sites à responsable défaillant, car nous ne voulons pas nous substituer au pollueur», précise Alain Alpern, vice-président du développement durable et de l'environnement. Le conseil régional du Nord-Pas-de-Calais cofinance l'inventaire des sites historiques avec le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM), l'agence de l'eau et l'Ademe. Il vient aussi de lancer une étude sur les pistes éventuelles d'une politique régionale des sédiments pollués pour 2007-2013. Elle doit apporter des informations sur l'état du marché, sur la politique des agglomérations ou sur les opérateurs présents.

Le Nord-Pas-de-Calais réfléchit désormais à créer un pôle de compétences sur ce métier et même un pôle de compétitivité si une deuxième vague était initiée par le gouvernement. «Pour le moment, on attend les résultats de l'étude en cours, mais nous travaillons avec la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) sur le sujet et nous disposons déjà de compétences, notamment avec l'Ecole des mines de Douai. Il faut voir quelle dynamique nous pouvons créer avec nos partenaires», explique le vice-président. Reste à s'associer avec des industriels spécialisés dans la dépollution. Mais existe-t-il vraiment une opportunité pour une activité qui intervient sur des sites orphelins et pour lesquels le donneur d'ordre est souvent le gouvernement? «Deux grandes entreprises s'étaient présentées pour réhabiliter le site Metaleurop. Le marché est important et devrait croître pour répondre aux problèmes régionaux mais aussi nationaux, voire européens, avec par exemple le cas de la Pologne qui présente de nombreuses friches industrielles», conclut Alain Alpern.



(1) Rappelons que les régions Pays de la Loire et Rhône-Alpes n'ont pas répondu malgré notre insistance.

(2) Inscrit dans le contrat de plan Etat-région 2000-2006.




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