Régions: la question de l'eau tous azimuts

Le 21 décembre 2005 par Christine Sévillano
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
belle image pour eau
belle image pour eau

Notre «dossier régions» présente cette semaine les actions menées par les conseils régionaux dans le domaine de l'eau. Un sujet sensible puisque les régions participent aux organismes de gestion intégrée de l'eau comme les Sage. Elles ne sont pas en reste sur d'autres thématiques telles que la prévention des inondations.

L'eau est sans conteste un domaine clé de l'environnement dans plusieurs régions (1). Certaines se sont avant tout intéressées à l'amélioration de leurs connaissances sur leurs ressources en eau et leur vulnérabilité. La Picardie souligne ainsi que le but de cette démarche consiste à diffuser ces informations auprès des décideurs et du public. L'Alsace a effectué un inventaire de la qualité des eaux souterraines, rendu public le 7 mars 2005, et continue d'améliorer sa connaissance du fonctionnement de la nappe phréatique. Elle crée actuellement des outils d'aide à la décision. En Midi-Pyrénées, une étude quantitative et qualitative sur les ressources régionales, rendue le 21 mars 2005, a permis de proposer 4 axes d'intervention: une gestion équitable et une utilisation rationnelle de l'eau, la lutte contre les pollutions diffuses et dispersées, la mise en oeuvre d'un contrat de fleuve pour la Garonne et l'amélioration des connaissances pour des décisions plus efficaces.

La gestion intégrée de l'eau n'est pas laissée au hasard et ce dans la quasi-totalité des régions: elles participent activement à l'élaboration de schéma d'aménagement et de gestion des eaux (Sage) et des contrats de rivières. Ainsi, depuis 2001 la seule région Aquitaine a ou va signer 9 Sage et 6 contrats de rivières. En 4 ans, elle a soutenu à hauteur de 2,8 millions d'euros plus de 100 syndicats de bassins versants pour la restauration et l'entretien des cours d'eau . L'Aquitaine s'est également engagée dans l'amélioration de la qualité des eaux de baignade sur le littoral à hauteur de 2,6 millions d'euros dans le cadre d'un protocole d'accord avec l'agence de l'eau. De même en Basse-Normandie, 8 Sage sont en cours d'élaboration, dont 4 partagés avec une région voisine et 2 autres ont été arrêtés cette année. Une politique qui s'est accompagnée d'une revalorisation des aides puisque l'aide de la Basse-Normandie aux études préalables s'est élevée à 25% maximum du montant (hors taxe) et l'aide aux investissements définis dans les politiques de prévention des inondations et de restauration des cours d'eau a pu s'élever jusqu'à 20% du montant.

La reconquête de la qualité de l'eau est en effet l'objectif majeur de nombreux programmes ou aides financés par les régions, et ce afin de parvenir au bon état écologique des eaux d'ici 2015 comme l'exige la directive cadre sur l'eau. C'est la priorité clairement affichée par la région Bretagne, qui connaît une forte pollution en raison des activités agricoles. En partenariat avec l'Etat, l'agence de l'eau Loire-Bretagne et les 4 départements bretons, la Bretagne, qui a consacré près de 12 millions d'euros à l'eau cette année, a mis en place 2 programmes. Bretagne eau pure, conduit sur une quarantaine de bassins versants avec les agriculteurs, les associations et les élus afin d'informer sur les nouvelles pratiques, est en passe de réussir puisque les acteurs ont déjà enregistré une baisse des taux de pesticides et de nitrates. Prolittoral se veut davantage un programme de lutte contre les algues vertes sur 7 bassins versants littoraux. La direction de l'agriculture et de l'agroalimentaire de l'Aquitaine a également consacré 2,2 millions d'euros depuis 2000 pour une meilleure maîtrise des effluents viticoles sur 339 chais particuliers.

Autres préoccupations des régions: la restauration des cours d'eau, la lutte contre l'érosion, la restauration des poissons migrateurs et enfin, dans beaucoup de régions, le risque inondation. Ainsi la région Haute-Normandie a adopté un programme de préservation de la ressource en accompagnant les maîtres d'ouvrages publics et privés dans la réalisation d'études et de travaux. Objectifs: améliorer la connaissance des phénomènes de ruissellement, d'érosion et d'inondation, accompagner des ouvrages de régulation et faire progresser le savoir sur la stabilité du trait de côte et la gestion du littoral. Le montant d'aide de la région peut atteindre 80% au maximum du coût total des opérations. Le conseil régional du Languedoc-Roussillon, qui a fait de la prévention des inondations sa priorité, a pour sa part déboursé 11 millions d'euros sur cette thématique, dont 7 à destination des digues du Rhône et à la mise en place d'un syndicat des digues auquel la région participe.

La région Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) avec les départements et l'agence de l'eau ont mis sur pied des groupes de travail thématiques sur l'assainissement et ont effectué un état des lieux sur la gestion des boues de stations d'épuration urbaine. Suite à ce travail, des propositions d'intervention de la région ont été formulées autant pour l'assainissement que pour les milieux aquatiques. La région Paca y a mis les moyens puisqu'elle a voté une rallonge budgétaire de 8,5 millions d'euros. Elle a notamment aidé à la construction ou à la modernisation de 4 stations d'épuration et a mené 3 opérations de réhabilitation de l'assainissement non collectif dans le Vaucluse. Toutefois, très peu de régions ont contribué à des travaux relatifs à l'assainissement. Par exemple, l'Alsace spécifie qu'au terme d'une répartition des interventions entre collectivités locales, il a été décidé que les départements doivent se concentrer sur la gestion des eaux superficielles et l'assainissement, et les régions sur la gestion des eaux souterraines.



(1) Les régions Pays de la Loire et Rhône-Alpes n'ont pas répondu à notre questionnaire.




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus